Protection de l’enfance : Une charte d’orientation destinée aux médias

Dans un communiqué publié ce mercredi 30 septembre, le Conseil de presse a rendu publique une charte d’orientation destinée aux médias et aux journalistes pour le traitement des affaires de viol et de harcèlement sexuel visant des enfants. Le texte s’appuie sur la Convention relative aux droits de l’enfant, la Convention de Lanzarote, le cahier des charges des médias audiovisuels, les décrets-lois n° 115 et 116 de 2011 et les règles déontologiques de la profession.

Préserver l’identité de l’enfant. Le Conseil demande de respecter la dignité de l’enfant, son intérêt supérieur et sa vie privée. Il exclut la publication de son nom, de son image, de sa voix ou de toute donnée permettant de l’identifier, directement ou indirectement. Les détails sur son entourage familial, scolaire ou social, ou sur les circonstances judiciaires, doivent aussi être écartés, car ils peuvent révéler son identité et l’exposer à la stigmatisation ou à des représailles.

Éviter la revictimisation. Les médias sont invités à renoncer au sensationnalisme, à la dramatisation, aux titres choquants et aux détails intimes qui exploitent la souffrance de la victime. Le Conseil proscrit tout discours qui blâme l’enfant, met en cause son comportement ou sa tenue, justifie la violence sexuelle ou en minimise la gravité. Il demande aussi de ne pas faire pression sur l’enfant pour obtenir un entretien ou lui faire raconter à nouveau l’agression, et de respecter sa volonté et son état psychologique.

Vérifier et rester neutre. Les journalistes doivent vérifier leurs informations et leurs sources, et distinguer les allégations des faits établis et des décisions de justice, dans le respect de la présomption d’innocence et des droits de la défense. Le Conseil recommande un langage précis et neutre, à l’écart de la diffamation, de la discrimination et des procès médiatiques. Ces principes valent pour toutes les formes de publication et de diffusion, y compris les programmes de débat et les plateformes numériques, où les commentaires portant atteinte à la vie privée de l’enfant ou incitant à lui nuire doivent être surveillés.

Des manquements passibles de sanctions. Tout manquement constitue, selon l’instance, une violation de l’éthique journalistique et appelle une évaluation professionnelle ainsi que des mesures adaptées. Le Conseil rappelle que révéler l’identité d’un enfant victime, ou publier des informations permettant de l’identifier, peut constituer une infraction punie par l’article 60 du décret-loi n° 115 de 2011. Le secret des enquêtes et des investigations judiciaires doit également être respecté.

L’instance conclut que la protection, la dignité et la sécurité de l’enfant demeurent une priorité dans toute couverture médiatique, sans porter atteinte au droit du public à l’information ni aux garanties légales des parties.

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