Raja Yassine Bahri à la tête de Beït al-Hikma

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La professeure d’espagnol et docteure en civilisation espagnole, Raja Yassine Bahri, a été élue ce samedi 14 mars 2026 à la tête de l’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts – Beit al-Hikma, succédant ainsi au Pr Mahmoud Ben Romdhane. Cette élection, qui s’est déroulée à l’issue d’un scrutin particulièrement serré lors de l’assemblée générale élective, a vu s’affronter également Khaled Ghdira, Moncef Ben Abdeljelil et Hafedh Abdelmelek, soulignant la forte compétition et la qualité des candidatures au sein de cette institution prestigieuse.
Cette élection marque un tournant dans l’histoire de l’académie, puisqu’il s’agit de la troisième fois seulement qu’un président accède à ce poste par voie élective. Jusqu’en 2015, tous les présidents de Beit al-Hikma étaient désignés par décret présidentiel, sans consultation du corps scientifique. Depuis cette réforme, la présidence est désormais attribuée par élection, réservée aux membres du Conseil scientifique de l’académie, renforçant ainsi la dimension démocratique et participative de la gouvernance de l’institution.
L’arrivée de Raja Yassine Bahri, à ce poste prestigieux illustre non seulement l’ouverture de l’académie à de nouvelles générations de chercheurs et d’universitaires, mais aussi l’importance croissante accordée à l’expertise scientifique et à l’engagement culturel dans la direction de cette institution historique, véritable pilier du patrimoine intellectuel tunisien.
Raja Yassine Bahri qui a occupé le poste de directrice du Département des lettres au sein de l’académie, s’est distinguée au fil de sa carrière par une production scientifique riche et variée, composée de nombreux ouvrages et études consacrés à l’histoire et à la civilisation du monde méditerranéen. Ses travaux portent notamment sur la question des Morisques, ces musulmans d’Espagne contraints à l’exil après la chute d’al-Andalus et leur expulsion définitive au début du XVIIᵉ siècle.
A travers ses recherches, elle s’est particulièrement intéressée à la présence et à l’intégration des Morisques en Afrique du Nord, dans l’espace méditerranéen et plus spécifiquement en Tunisie, où ces communautés ont profondément marqué l’histoire sociale, culturelle et économique du pays. Ses études mettent en lumière les trajectoires de ces populations déplacées, leur contribution au développement urbain, agricole et artisanal, ainsi que leur rôle dans les échanges intellectuels et culturels entre les deux rives de la Méditerranée.
Elle est également membre de l’Académie royale d’histoire de Madrid (depuis juin 2005). Raja Yassine Amri a été décorée par le Roi Juan carlos d’Espagne en 1983 de la médaille de “Lazo de dama de la orden del Mérito civil” et par le président de Dowling college de l’Université de New York en juillet 2001.

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