L’Observatoire national de la sécurité routière a publié les premiers chiffres de l’année 2026 concernant les accidents de la circulation en Tunisie. La période comprise entre le 1er janvier et le 8 mars 2026 fait état de 687 accidents corporels. Ce bilan, bien que lourd, marque une amélioration notable par rapport à l’année précédente, puisque la baisse atteint 33,49 % par rapport aux 1.033 accidents enregistrés sur la même période en 2025. Dans le même temps, le nombre de personnes blessées dans ces collisions a également connu une diminution significative. Alors que les services de secours avaient pris en charge 1.316 blessés lors des premiers mois de l’année 2025, ils n’en dénombrent plus que 873 cette année. Cette réduction, qui représente une baisse de 33,66 %, confirme une tendance globale à l’amélioration de la sécurité sur les routes tunisiennes en ce début d’année.
Pourtant, si le nombre d’accidents et de blessés diminue fortement, la baisse du nombre de décès apparaît beaucoup plus timide. L’Observatoire national de la sécurité routière déplore en effet 191 morts sur les routes depuis le début de l’année 2026. Par conséquent, bien que ce chiffre soit inférieur à celui de 2025, l’écart reste mince : la mortalité routière n’a reculé que de 4,98 % par rapport aux 201 décès enregistrés un an plus tôt.
Ce décalage entre les différents indicateurs interroge sur la nature des accidents qui surviennent encore. D’une part, la forte diminution du nombre total d’accidents et de blessés suggère que certaines mesures de prévention commencent peut-être à porter leurs fruits ou que le trafic a connu des variations. D’autre part, la lente décrue de la mortalité indique que lorsque l’accident se produit, il est toujours d’une gravité extrême. Les chocs restent violents, et les conducteurs comme les passagers paient un lourd tribut.
Qui plus est, ces chiffres publiés par l’Observatoire national de la sécurité routière rappellent que la route tue encore massivement en Tunisie. En effet, le rythme des décès reste soutenu : ce sont près de deux cents familles qui ont perdu un proche en un peu plus de deux mois. Par ailleurs, la comparaison avec la période précédant la pandémie pourrait révéler que le niveau de sécurité routière, bien qu’en amélioration sur le court terme, reste fragile.
Enfin, ces données doivent être lues comme un signal pour l’avenir. La baisse de 33 % des accidents est encourageante, mais elle ne doit pas masquer la nécessité de maintenir une pression constante sur les facteurs de risque. La réduction modeste de la mortalité montre que les comportements dangereux persistent et que la gravité des collisions n’a pas diminué. Par conséquent, les efforts de sensibilisation et de contrôle doivent se poursuivre, car chaque vie perdue sur la route est une tragédie évitable.