Samedi 10 octobre, quelques heures après une frappe contre l’aéroport international Roi Khalid de Riyadh, le président américain Donald Trump a déclaré que les États-Unis pourraient se joindre à l’Arabie saoudite dans ses frappes aériennes contre les Houthis du Yémen. Il a jugé l’attaque « terrible » et précisé que Washington venait à peine d’en être informé, promettant une décision rapide.
Le bilan s’est considérablement alourdi depuis les premières informations, qui faisaient seulement état de plusieurs blessés. Les autorités saoudiennes ont fini par annoncer 12 morts, quatre Saoudiens et huit étrangers dont un Américain, ainsi que 309 blessés, certains dans un état critique. C’est l’attaque la plus meurtrière contre le royaume depuis plus de dix ans, et la plus lourde dans un pays arabe du Golfe depuis le début de la guerre en Iran.
Elle n’est pourtant pas la première de la semaine. L’aéroport avait déjà été visé à deux reprises, dont jeudi, quand des tirs avaient tué au moins trois Saoudiens, parmi lesquels un commandant de bord de la compagnie Saudia, et endommagé plusieurs appareils. Les Houthis revendiquent ces opérations, menées avec des missiles balistiques et des drones, qu’ils présentent comme des représailles aux frappes soutenues par Riyadh contre l’aéroport de Sanaa. Leur responsable des médias s’est même vanté d’avoir « fermé » l’aéroport de la capitale saoudienne, ce que la suspension des opérations a de fait confirmé.
Du côté américain, le secrétaire d’État Marco Rubio a condamné avec fermeté les « terroristes houthis » et rappelé la mort d’un citoyen américain, tout en assurant que Washington restait en contact étroit avec ses partenaires saoudiens. Le président a également été interrogé sur l’effet que pourrait avoir cet épisode sur sa décision de ne pas frapper l’Iran avant les élections de mi-mandat.
Sur le terrain, des centaines de vols ont été annulés. Plusieurs compagnies, dont Air India, flydubai, le groupe Lufthansa et Pakistan International Airlines, avaient déjà suspendu leurs liaisons avec l’Arabie saoudite, et la mission diplomatique américaine déconseille à ses ressortissants de s’approcher de l’aéroport.
Ces événements prolongent la guerre contre l’Iran lancée en février par les États-Unis et Israël. Soutenus par Téhéran, les Houthis ont intensifié leur campagne contre le royaume depuis l’été, et les frappes de la semaine ont révélé des failles dans la défense saoudienne, alors que Riyadh appuie par les airs l’offensive terrestre du gouvernement yéménite. Le royaume devrait désormais presser ses alliés, Washington en tête, de lui apporter un soutien militaire.
À ce stade, aucune décision américaine n’a été annoncée, et le bilan pourrait encore évoluer.
(Avec agences)