Sahara occidental : le mandat de la Minurso n’a pas été renouvelé après le veto russe

La Russie a opposé son veto, vendredi 30 octobre, à un projet de résolution américain qui prévoyait de prolonger d’un an la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso). Le texte plaçait en outre le plan d’autonomie proposé par le Maroc au cœur du règlement d’un conflit qui oppose depuis cinquante ans Rabat au Front Polisario, favorable à l’indépendance du territoire.

Comme chaque année, les États-Unis étaient chargés de rédiger et de négocier le projet au sein du Conseil de sécurité. Or le veto d’un seul membre permanent suffit à empêcher l’adoption d’une résolution, quel que soit le nombre de voix en sa faveur. Le mandat de la mission expirant le 31 octobre 2026, soit ce samedi, le temps manque pour trouver une issue.

Ce blocage intervient un an après l’adoption de la résolution 2797, le 31 octobre 2025. Rédigé lui aussi par Washington, ce texte avait prorogé la mission jusqu’au 31 octobre 2026 et avait été largement perçu comme un soutien à la position marocaine. Moscou, qui s’était déjà montrée réservée, reproche de longue date aux Américains de négliger les propositions des autres membres du Conseil et plaide pour que la mission reste fidèle à son objectif d’origine.

Le différend remonte à 1975 et au départ de l’Espagne, l’ancienne puissance coloniale. Il a débouché sur une guerre entre le Maroc et le Polisario, jusqu’au cessez-le-feu de 1991, année de la création de la Minurso. Chargée de surveiller la trêve et d’organiser un référendum d’autodétermination, la mission n’a jamais pu tenir ce scrutin. En 2007, Rabat a avancé son plan d’autonomie sous souveraineté marocaine, qu’il présente comme la seule solution réaliste. Le Polisario, soutenu par l’Algérie, continue pour sa part de réclamer un référendum incluant l’option de l’indépendance.

Sans renouvellement, l’avenir de la mission et la surveillance du cessez-le-feu deviennent incertains. Un nouveau projet de compromis, une prolongation technique de courte durée ou la fin de la mission sont autant de scénarios possibles. Les réactions de Rabat, du Polisario, d’Alger et de Washington seront déterminantes dans les prochains jours.

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