Secteur de la pêche en Tunisie : Défis structurels et ambitions à l’horizon 2030

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La commission de l’agriculture, de la sécurité alimentaire, de l’eau et de la pêche de l’Assemblée des représentants du peuple a tenu une séance d’audition avec des représentants des ministères de l’Agriculture, des Transports et de l’Environnement. Cette réunion a été consacrée à l’examen des principaux problèmes du secteur de la pêche, notamment les conditions de travail dans les ports et la pollution marine.

Hassen Jerboui, président de la commission, a déclaré au micro de Mosaïque FM que la commission a adopté une approche de diagnostic proactif. Après des visites de terrain dans les gouvernorats de Bizerte et de Sfax, il est apparu que près de 90% des problématiques sont communes à l’ensemble des ports tunisiens.
Selon Monsieur Jerboui, ces difficultés incluent la faiblesse des services portuaires, les pannes récurrentes du système de surveillance par satellite (VMS) ainsi que la complexité de l’octroi des licences et des projets de réaménagement des ports. Il a également pointé du doigt la prolifération de la pêche illégale, qualifiée de « point noir » en raison de son impact destructeur sur les stocks de poissons et la pérennité du secteur.
Il a insisté sur l’urgence de trouver des solutions législatives et exécutives conjointes, soulignant que la pêche constitue une alternative économique et alimentaire cruciale, surtout face à la hausse des prix des viandes rouges. Avec environ 42 000 emplois créés, le secteur est perçu comme une richesse nationale capable de soutenir le développement régional.
De son côté, Ali Cheikh Sebaï, directeur général de la pêche et de l’aquaculture au ministère de l’Agriculture, a indiqué que la production halieutique en Tunisie reste stable, oscillant entre 130 000 et 140 000 tonnes par an. En revanche, le secteur de l’aquaculture connaît une progression notable.
L’objectif de la stratégie nationale est de porter la contribution de l’aquaculture à 30% de la production totale à l’horizon 2030, soit environ 50 000 tonnes, s’alignant ainsi sur les tendances mondiales d’approvisionnement en protéines marines.
Monsieur Sebaï a également annoncé une augmentation du quota de thon rouge alloué à la Tunisie, avec 100 tonnes supplémentaires, portant le total à plus de 3 500 tonnes. Cette mesure devrait avoir un impact positif sur la rentabilité de la filière.

Concernant la protection des ressources, le ministère maintient le système de repos biologique, particulièrement dans le golfe de Gabès, tout en octroyant des compensations aux pêcheurs. Une évaluation globale de ce système est prévue pour améliorer son efficacité, garantir la durabilité du secteur et élever le niveau de vie des marins pêcheurs.

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