Le siège de Institut arabe des chefs d’entreprises à Sfax a accueilli, dimanche 29 mars 2026, la quatrième édition du dialogue sociétal placée sous le thème : « L’emploi face aux nouvelles transformations et aux défis du développement humain ». Une rencontre organisée par Institut arabe des droits de l’homme en partenariat avec l’IACE, avec l’appui du projet « Nahkiou Iktissad (NDLR: parlons économie) », financé par Union européenne et mis en œuvre par Expertise France.
Au cœur des échanges : la fragilité persistante du marché du travail tunisien. Les données présentées à cette occasion sont parlantes. Le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans atteint 38,4 %, tandis que celui des diplômés de l’enseignement supérieur s’élève à 22,5 %. Plus inquiétant encore, l’écart entre les sexes reste marqué, avec un taux de chômage de 30,5 % chez les femmes contre 11,7 % chez les hommes. Parallèlement, près de la moitié des actifs occupés évoluent dans des formes d’emploi précaire, estimées à 44,8 %.
Pour les experts, ces indicateurs ne relèvent pas d’une conjoncture passagère mais traduisent des déséquilibres structurels. Deux failles majeures ont été pointées : d’une part, l’inadéquation persistante des systèmes d’éducation et de formation professionnelle aux besoins réels du marché ; d’autre part, la faible capacité du tissu économique à monter en gamme et à créer de la valeur ajoutée.
Les discussions ont été structurées autour de trois axes principaux. Le premier a porté sur l’état des lieux de l’emploi et les déséquilibres entre offre et demande, aggravés par l’intensification de la fuite des compétences. Le second s’est intéressé aux métiers de demain, avec un accent sur les opportunités liées à l’économie verte, à l’innovation et à la transformation numérique, tout en soulignant l’urgence d’une réforme profonde des systèmes éducatifs. Enfin, le troisième axe a abordé la question de la précarité et de la dignité au travail, en mettant en avant la nécessité de promouvoir un emploi décent comme levier de croissance durable.
Les intervenants ont également insisté sur l’urgence d’anticiper les mutations induites par l’intelligence artificielle. Plusieurs participants ont alerté sur le risque de disparition ou de transformation d’environ un cinquième des emplois actuels à l’horizon 2030, appelant à une réaction rapide et structurée des pouvoirs publics.
La séance d’ouverture a été marquée par les interventions de Abdelbasset Ben Hassen et de Majdi Hassen. Le débat, modéré par le journaliste Zied Krichen, a réuni un panel d’universitaires, d’experts-comptables et d’acteurs économiques, parmi lesquels Anis Ouahabi, Abderraouf Aati, Yosra Daaloul et Morad Bahloul.