Le ministre du Tourisme, Sofiene Tekaya, a reçu ce vendredi le nouveau bureau exécutif de la Fédération tunisienne des agences de voyages et de tourisme (FTAV), conduit par son président Mohamed Ali Toumi, pour une séance de travail consacrée aux grands chantiers du secteur et aux défis qui l’attendent.
Deux distinctions qui obligent
D’entrée de jeu, le ministre a planté le décor. La Tunisie affiche aujourd’hui des indicateurs encourageants : sacrée capitale du tourisme arabe pour 2027 et classée deuxième meilleure destination pour le marché suisse dans la catégorie des courts séjours, la destination tunisienne engrange les reconnaissances internationales. Mais pour Sofiene Tekaya, ces succès sont autant d’obligations que de motifs de satisfaction. Ils imposent, a-t-il insisté, de rehausser le niveau d’exigence sur l’ensemble de la chaîne touristique et de viser résolument le segment haut de gamme, en particulier en direction des marchés arabes, du Golfe et internationaux.
Parmi les dossiers les plus urgents figure la modernisation des outils numériques mis à disposition des agences de voyages. Une plateforme électronique intégrée est à l’étude, couvrant aussi bien les réservations et les paiements que les procédures de visa et la notification préalable des voyages organisés. L’objectif est de fluidifier les échanges entre les différents acteurs, de centraliser les données en temps réel et de gagner en efficacité administrative.
Le tourisme intérieur, un marché à consolider
La première édition du Salon du marché du voyage tunisien, organisée les 7 et 8 mai derniers à la Cité de la Culture, a été saluée comme un succès incontestable, témoignant d’un intérêt croissant des Tunisiens pour le voyage organisé et la réservation anticipée. Les participants ont plaidé pour aller plus loin, en développant des offres diversifiées à tarifs préférentiels accessibles aux familles, afin de maintenir une dynamique touristique intérieure tout au long de l’année et non plus seulement en haute saison.
La réunion a également permis de mettre sur la table plusieurs dossiers en suspens. L’organisation des voyages de la Omra nécessite un meilleur encadrement et une coordination plus étroite entre les structures concernées. Le tourisme saharien, riche en potentiel mais freiné par des problèmes d’accessibilité, mérite une attention renouvelée, notamment à travers le renforcement du rôle des guides locaux. Quant à la flotte de transport touristique, vieillissante et insuffisamment renouvelée, elle attend toujours des mesures fiscales concrètes pour accompagner sa modernisation.
La valorisation des circuits touristiques régionaux et l’intégration des villages artisanaux dans les itinéraires proposés aux visiteurs ont été présentées comme des leviers essentiels pour mieux distribuer les retombées économiques du tourisme sur l’ensemble du territoire national et mettre en lumière la richesse du patrimoine tunisien dans toute sa diversité.