Transferts des Tunisiens résidant à l’étranger : une ressource financière à valoriser pour soutenir l’investissement

Miniature people: Group of small businessmen standing on coin with Business Growth concept.

Les transferts de fonds effectués par les résidents à l’étranger représentent l’une des principales sources de devises pour de nombreux pays, en particulier ceux à revenu intermédiaire ou faible. Ces flux financiers contribuent, d’une part, au soutien des revenus des familles et, d’autre part, au renforcement des réserves en devises, au financement des importations et à la stabilité des balances extérieures. Leur montant dépend essentiellement de l’importance des communautés établies hors des frontières nationales ainsi que de leur capacité à orienter leur épargne vers les circuits officiels. Les pays d’Afrique du Nord, notamment ceux qui ne disposent pas de ressources pétrolières, tirent un bénéfice considérable de ces transferts, qui constituent, avec les recettes touristiques, les principales entrées de devises.

La Tunisie profite des transferts de ses ressortissants établis à l’étranger, dont le nombre dépasse 1,8 million de personnes selon les données de l’Office des Tunisiens à l’étranger. Ces transferts ont atteint 4,745 milliards de dinars, soit l’équivalent de 1,6 milliard de dinars, à la date du 10 juillet 2026, ce qui représente une hausse de 230,1 millions de dinars par rapport à la même période de l’année précédente. En 2025, ces transferts se sont élevés à 8,7616 milliards de dinars, en progression d’environ 6 % par rapport à 2024. Ces montants couvrent entre 5,6 % et 6,3 % du produit intérieur brut et représentent 30 % des réserves en devises. En outre, le montant moyen des transferts par Tunisien résidant à l’étranger s’élève à 120 dollars par mois, alors que la moyenne mondiale est de 200 dollars, selon les chiffres communiqués par le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie lors d’un atelier international tenu en mai 2025. Ce dernier a également souligné qu’une part importante de ces sommes est consacrée à la consommation, alors qu’il serait nécessaire de les intégrer efficacement dans l’économie nationale sous forme de projets d’investissement.
Au Maroc, les transferts des Marocains résidant à l’étranger ont atteint environ 61,48 milliards de dirhams (6,6 milliards de dollars) au premier semestre 2026, contre 55,954 milliards de dirhams sur la même période en 2025, soit une augmentation annuelle de 9,9 %. La communauté marocaine à l’étranger est estimée à plus de 5,7 millions de personnes, dont la majorité vit en Europe. Ces flux témoignent du rôle croissant de la diaspora dans l’économie marocaine, d’autant que les transferts ont dépassé 122 milliards de dirhams (13,13 milliards de dollars) sur l’ensemble de l’année 2025. Par ailleurs, une tendance se dessine au Maroc, consistant à orienter une part plus importante de ces fonds vers l’investissement plutôt que vers la consommation. En Égypte, la Banque centrale a fait état d’une hausse de 31,2 % des transferts des Égyptiens travaillant à l’étranger entre juillet 2025 et mai 2026, pour atteindre environ 43,1 milliards de dollars, contre 32,8 milliards de dollars sur la même période de l’année précédente. Les données de la Banque mondiale indiquent que ces transferts se sont élevés à 41,5 milliards de dollars en 2025. Forte d’une diaspora de 14 millions de personnes, la plus importante de la région, l’Égypte fait de ces transferts une source majeure de devises, aux côtés des recettes touristiques et des revenus du canal de Suez. En revanche, l’Algérie se trouve dans une situation différente. Bien que sa diaspora soit estimée à environ 7 millions de personnes, dont près de 5 millions en France, les transferts officiels restent modestes par rapport à ceux des pays voisins. Les données disponibles font état de transferts d’environ 1,94 milliard de dollars en 2024, soit à peine 0,8 % du produit intérieur brut, un niveau nettement inférieur à celui observé au Maroc, en Tunisie et en Égypte.

Selon les chiffres de 2024, le classement des pays arabes en fonction de la valeur des transferts des ressortissants à l’étranger place l’Égypte en tête avec 29,7 milliards de dollars, suivie du Maroc (13,1 milliards), du Liban (5,8 milliards), de la Jordanie (4,8 milliards), du Yémen (3,8 milliards), de la Tunisie (2,9 milliards), de l’Algérie (1,94 milliard), du Qatar (1,5 milliard), du Soudan (1 milliard) et de l’Irak (879 millions). À l’échelle mondiale, les données de la Banque mondiale révèlent le poids croissant de ces flux. En 2024, les transferts vers les pays à revenu faible ou intermédiaire ont atteint environ 685 milliards de dollars, dépassant ainsi le total cumulé des investissements étrangers directs et de l’aide au développement. L’Inde arrive en tête des pays récepteurs avec 129 milliards de dollars, suivie du Mexique (68 milliards), de la Chine (48 milliards), des Philippines (40 milliards) et du Pakistan (33 milliards).

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