Mise en ligne hier vendredi 24 juillet 2026 par la Pharmacie centrale de Tunisie (PCT), une nouvelle grille tarifaire révisant les prix publics de près de 300 spécialités médicamenteuses suscite la polémique. Par l’intermédiaire de sa circulaire officielle n° 2026/30 (référence technique DT-TEC-01/02) intitulée « Document unique fixant les prix des médicaments en Tunisie », la PCT a révisé les montants de référence applicables à environ 300 spécialités médicamenteuses.
L’ajustement touche un éventail particulièrement large de produits : des traitements de pathologies chroniques sévères (hypertension, épilepsie, psoriasis) aux médicaments de confort, antalgiques et soins dermatologiques couramment prescrits.
Le Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées (SPOT) a affirmé ne pas avoir été informé en amont de la décision portant sur la révision des prix d’environ 300 médicaments.
Dans un communiqué, le syndicat indique avoir reçu de nombreuses demandes d’explication à la suite de cette décision. Il précise avoir été écarté, depuis près d’un an, de la Commission d’achat des médicaments (CAM) ainsi que de l’Observatoire du médicament, où sa participation ne se fait désormais qu’à titre exceptionnel, sur invitation du ministre de la Santé ou de la directrice générale de l’Agence du médicament.
Le syndicat rappelle que les pharmaciens se retrouvent en première ligne face aux interrogations des citoyens, tout en soulignant que toute révision des prix devrait reposer sur des critères clairs, prenant en compte à la fois le pouvoir d’achat des patients, la continuité de l’approvisionnement en médicaments et la pérennité des officines.
N’ayant pas participé aux travaux des commissions ayant préparé cette révision tarifaire, l’organisation affirme ne pas être en mesure de se prononcer sur les fondements techniques ayant conduit aux augmentations décidées. Elle relève toutefois que certains médicaments concernés bénéficiaient jusqu’à présent d’une prise en charge partielle de leur coût par la Pharmacie centrale de Tunisie, soutien qui a été réduit.
Le syndicat réitère son opposition à toute hausse des prix des médicaments qui ne reposerait pas sur un mécanisme objectif et transparent de révision, fondé notamment sur l’évolution des prix des matières premières, les fluctuations des taux de change et l’adaptation des marges des pharmaciens, afin de concilier disponibilité des médicaments, protection du pouvoir d’achat et viabilité économique des pharmacies.
Il rappelle enfin que les pharmaciens sont légalement tenus d’appliquer les nouveaux tarifs officiels dès leur entrée en vigueur. Selon le syndicat, ils ne disposent d’aucun pouvoir pour modifier ces prix ou refuser leur application, ceux-ci étant fixés par les autorités compétentes.
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