Tunisie-ONU : un nouveau cadre de coopération 2027-2031 axé sur les priorités nationales

La Tunisie entend renforcer l’alignement entre ses priorités de développement et les financements mobilisés par ses partenaires internationaux. C’est dans cette perspective qu’une réunion avec les pays donateurs et les institutions financières internationales s’est tenue, lundi 26 octobre 2026, à l’Académie diplomatique internationale de Tunis (ADIT), à l’occasion de la Journée des Nations unies. Au centre des échanges : le futur cadre de coopération entre la Tunisie et le système des Nations unies pour la période 2027-2031, ainsi que les partenariats et les ressources nécessaires à sa mise en œuvre.

Ouvrant les travaux, le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a réaffirmé l’attachement de la Tunisie au multilatéralisme et à la coopération internationale, soulignant la nécessité d’une Organisation des Nations unies capable de répondre aux défis mondiaux et aux attentes des populations.

Le ministre a rappelé que le Plan national de développement 2026-2030 constitue la principale référence pour orienter les politiques publiques et les investissements. Les priorités tunisiennes portent notamment sur la justice sociale, la réduction des disparités régionales, la valorisation du capital humain, la création d’emplois décents, la transformation économique et la sécurité hydrique, énergétique et alimentaire.

Le ministre a ajouté que le futur cadre de coopération avec l’ONU s’articule autour de trois axes  à savoir le capital humain et l’inclusion sociale ; la transformation économique inclusive et la création d’emplois décents ; et la transition écologique, la résilience et la sécurité des ressources d’où la nécessité de coordonner les interventions des partenaires afin d’obtenir des résultats mesurables et durables. L’objectif étant de faire de ce cadre un instrument opérationnel au service des priorités nationales.

Face aux contraintes financières internationales et à la réduction des ressources concessionnelles, Mohamed Ali Nafti a également plaidé pour une mobilisation plus stratégique des financements et une meilleure préparation des projets. Il a notamment mis en avant la création envisagée d’un pôle de financement du développement, en partenariat avec le système des Nations unies et sous pilotage national. Cette plateforme devrait rapprocher les priorités de développement des possibilités de financement, améliorer la coordination entre les acteurs publics et privés et favoriser l’émergence de projets structurants.

Le ministre a dans ce contexte appelé les pays donateurs et les institutions financières internationales à approfondir leur dialogue avec les autorités tunisiennes et à accompagner la mise en œuvre du cadre 2027-2031. L’objectif affiché est de renforcer la cohérence des interventions, de mobiliser des financements complémentaires et de traduire les engagements en résultats concrets pour la population.

Le Plan national de développement 2026-2030 comme référence

Prenant la parole à son tour, le ministre de l’Économie et de la Planification Samir Abdelhafidh a rappelé que la coopération entre la Tunisie et le système des Nations unies, qui s’étend sur sept décennies, a contribué au développement économique et social du pays, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’emploi, de la protection sociale et de l’environnement.

S’agissant du Plan national de développement 2026-2030, le ministre a insisté que ce dernier a été élaboré selon une approche ascendante, accordant un rôle central aux conseils locaux, régionaux et des districts dans la définition des priorités nationales.

Ce plan s’articule autour de cinq axes : un développement social plus équitable et inclusif, notamment à travers la valorisation du capital humain et la promotion du travail décent ; un développement territorial plus équilibré ; la modernisation du tissu économique et le développement des infrastructures ; le renforcement de la sécurité alimentaire, hydrique et énergétique ainsi que la préservation de l’environnement ; et, enfin, la modernisation du cadre institutionnel et l’amélioration de la performance des services publics.

Le ministre a indiqué que le nouveau cadre de coopération Tunisie–Nations unies pour 2027-2031 s’inscrit dans le prolongement de ces orientations. Il a présenté le système onusien comme un partenaire stratégique, en mettant en avant son expertise, sa proximité avec les populations et sa connaissance du contexte tunisien. Ce cadre doit également permettre de mieux coordonner les interventions des agences onusiennes avec celles des autres partenaires, dans une approche nationale cohérente et intégrée.

Samir Abdelhafidh  a appelé les pays partenaires et les institutions financières et techniques à contribuer à la concrétisation de ce cadre à travers des programmes et des projets susceptibles de produire des effets tangibles sur le développement économique et social de la Tunisie.

L’ONU mise sur une coopération plus intégrée

De son côté, la coordinatrice résidente du système des Nations unies en Tunisie, Rana Taha, a souligné que le nouveau Cadre de coopération des Nations unies pour le développement durable pour la période 2027-2031 est arrivé à ses dernières étapes d’approbation et devrait être signé prochainement. Élaboré à l’issue de consultations avec le gouvernement, la société civile, le secteur privé et d’autres partenaires, ce cadre traduit une vision commune des priorités de développement de la Tunisie et s’aligne sur le Plan national de développement 2026-2030.

Rana Taha a réaffirmé la volonté du système onusien de contribuer aux transformations du pays en renforçant la cohérence de ses interventions, en mutualisant les expertises de ses différentes agences et en limitant les chevauchements entre leurs programmes. L’objectif est d’utiliser plus efficacement les ressources disponibles et de privilégier des solutions susceptibles de produire des effets durables et d’être déployées à plus grande échelle.

Soulignant que cette ambition ne peut être concrétisée par les seules Nations unies, elle a appelé les États partenaires et les autres acteurs du développement à renforcer leur engagement, notamment par leur soutien politique, le partage de connaissances, la mise en place de partenariats stratégiques et la mobilisation de financements innovants.

En contrepartie, le système des Nations unies s’engage, selon sa coordinatrice résidente, à améliorer son efficacité, sa transparence et la coordination de ses actions avec les autorités tunisiennes, afin que les efforts engagés et les contributions mobilisées produisent le plus grand impact possible.

 

 

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