Un été 2026 particulièrement meurtrier en Europe à cause des canicules

L’Europe traverse cet été l’une des saisons les plus meurtrières jamais enregistrées en lien avec la chaleur. Selon les dernières données de la plateforme européenne de surveillance de la surmortalité, plus de 32 000 décès excédentaires ont été recensés entre la mi-juin et la mi-août, un bilan qui a depuis été revu à la hausse puisqu’une estimation plus récente, publiée le 25 août, évoque désormais au moins 35 000 morts en excès. Les experts insistent toutefois sur le caractère encore très provisoire de ce chiffre, qui ne pourra être consolidé qu’après l’intégration complète des données nationales du mois d’août.

Trois pays concentrent l’essentiel de cette surmortalité : sur les 32 000 décès recensés, 26 000 concernaient la France, l’Allemagne et l’Espagne, les personnes âgées de plus de 75 ans payant le tribut le plus lourd. L’Espagne a été frappée de plein fouet, avec près de 4 950 décès liés à la chaleur depuis le début de l’été selon l’Institut de santé Carlos III, dépassant ainsi le précédent record établi en 2022. En France, la seule canicule du 17 juin au 2 juillet a provoqué près de 5 800 décès en excès, soit une hausse de plus de 36% par rapport à la mortalité habituellement attendue dans les départements concernés, les personnes de plus de 75 ans représentant à elles seules les deux tiers de ce bilan.

Cette hécatombe s’explique par une exposition à la chaleur d’une ampleur inédite. Entre la mi-juin et la mi-août, des régions abritant 80 millions d’Européens ont dépassé au moins une fois les 40°C, un niveau d’exposition deux fois supérieur à celui observé en 2003, année pourtant restée dans les mémoires comme l’une des plus meurtrières. Selon Copernicus, l’Europe occidentale a même vécu sa période juin-juillet la plus chaude jamais mesurée, marquée par des vagues de chaleur qui se sont succédé, des sols asséchés et des conditions propices aux incendies.

Il convient néanmoins de nuancer la lecture de ces chiffres. Il ne s’agit pas d’une liste de décès directement attribués à la canicule sur le plan médical : dans la grande majorité des cas, la chaleur intense aggrave des pathologies cardiovasculaires, respiratoires ou rénales déjà présentes et précipite le décès de personnes fragilisées, ce qui explique pourquoi les bilans définitifs n’apparaissent souvent que plusieurs semaines, voire plusieurs mois après les faits.

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