Un juge fédéral a temporairement bloqué, mercredi, les sanctions américaines visant Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés. Il a estimé que l’administration américaine avait porté atteinte à sa liberté d’expression.
En juillet 2025, le secrétaire d’État américain Marco Rubio l’avait sanctionnée après qu’elle eut recommandé à la Cour pénale internationale (CPI) d’engager des poursuites pour crimes de guerre contre des ressortissants israéliens et américains. Face aux lourdes conséquences de cette décision, son mari, Massimiliano Cali, et sa fille ont engagé une action en justice en février dernier. Ils soutenaient que ces sanctions revenaient de facto à l’exclure du système bancaire et rendaient la gestion de leur vie quotidienne « presque impossible ».
À Washington, le juge fédéral Richard Leon a estimé que le fait qu’Albanese réside hors des États-Unis ne la privait pas des protections garanties par le Premier amendement de la Constitution américaine. Il a également considéré que l’administration cherchait à restreindre sa liberté d’expression en raison « des idées ou du message exprimé ».
« Albanese n’a rien fait d’autre que s’exprimer », a écrit le juge dans sa décision. « Il est incontesté que ses recommandations n’ont aucun effet contraignant sur les actions de la CPI : elles ne sont rien d’autre que l’expression de son opinion. »
Sur X, elle s’est dite satisfaite de la décision et a exprimé sa gratitude envers sa famille, à l’origine de la plainte : « Dernière info ! Un tribunal américain a suspendu les sanctions américaines prises contre moi ! Comme l’a déclaré le juge : “Protéger la liberté d’expression sert toujours l’intérêt public.” Merci à ma fille et à mon mari d’avoir pris ma défense, ainsi qu’à toutes les personnes qui m’ont soutenue jusqu’à présent. »
R.L