Pas moins de 500 appareils militaires américains ont quitté les bases dont les États-Unis disposent sur le sol italien afin de participer à l’offensive baptisée « Epic Fury », menée contre l’Iran. Ce chiffre, qui circule dans les milieux diplomatiques, a été évoqué en filigrane par le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, dans un entretien accordé à la chaîne Fox News. En évoquant un « nombre considérable » de sorties aériennes, le responsable a provoqué une onde de choc dans la péninsule.
Ses déclarations ont immédiatement ravivé un débat épineux, régulièrement reporté mais jamais éteint : celui des prérogatives accordées aux bases américaines en Italie et des limites fixées par les accords bilatéraux. Ce retour de flamme intervient à un moment particulièrement sensible pour les relations entre Rome et Washington, déjà fragilisées par les tensions personnelles entre Donald Trump et la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, au sujet de cette même question. Ce climat tendu survient alors que l’Alliance atlantique s’apprête à tenir un sommet à Ankara les 7 et 8 juillet prochains, dont l’issue s’annonce orageuse. C’est dans ce contexte que Mark Rutte, considéré comme un proche des positions trumpistes, a choisi de livrer ses observations au moment même où la Première ministre italienne posait le pied à Berlin pour une réunion du groupe E5, qui rassemble les dirigeants de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni et de la Pologne. Rutte devait lui-même participer à cette rencontre, mais à distance, depuis Washington.
À Rome, la classe politique ne cache pas son irritation. L’opposition est montée au créneau : selon Francesco Boccia, Chiara Braga (présidents des groupes parlementaires du Parti démocrate) et Nicola Zingaretti (chef de la délégation démocrate à Bruxelles), deux hypothèses s’imposent désormais – soit Rutte a sciemment trompé l’opinion, soit Meloni a induit en erreur le Parlement et la nation italienne. Ils exigent que la cheffe du gouvernement apporte des éclaircissements sans délai.
Le ministère italien de la Défense a répondu par un communiqué ferme, invitant les accusateurs à « se confronter aux faits et aux éclaircissements officiels déjà publiés », tout en rejetant toute allégation de mensonge gouvernemental. Pour tenter de calmer le jeu, l’OTAN est intervenue une nouvelle fois depuis son siège bruxellois, en précisant la nature de l’aide évoquée par son secrétaire général : il s’agirait en réalité d’un soutien logistique et technique, et non d’un engagement opérationnel direct.
MBY