Après l’arrivée, dans la soirée d’hier, d’Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères iranien, à Islamabad, la capitale pakistanaise attend aujourd’hui celle de deux émissaires américains mandatés par Donald Trump : Steve Witkoff et Jared Kushner.
Une possible reprise des pourparlers entre les deux parties est ainsi prévue à partir de ce samedi 25 avril 2026, selon les médias internationaux.
« Nous arrivons à Islamabad, au Pakistan, pour une visite officielle. Le ministre des Affaires étrangères, M. Araghchi, rencontrera de hauts responsables pakistanais dans le cadre de leur médiation et de leurs bons offices en cours pour mettre fin à la guerre d’agression imposée par les États-Unis et rétablir la paix dans notre région », a déclaré Ismaël Banquai, porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, sur la plateforme X.
Rappelons que les discussions entre les deux parties ont été interrompues il y a deux semaines, après 15 heures de négociations qui n’ont pas abouti à un compromis. La délégation américaine était alors conduite par le vice-président Vance, qui ne fait pas partie du déplacement cette fois-ci. Du côté iranien, c’est toujours le ministre des Affaires étrangères qui représente son pays.
Des négociations indirectes sur fond de divergences politiques internes
Cependant, dans ce nouveau round, il semble que, dans un premier temps, les deux parties se contenteront d’échanges indirects, par médiateur interposé, en l’occurrence le Premier ministre pakistanais. À ce stade, rien ne garantit que ces échanges évolueront vers des négociations directes. C’est du moins ce qu’a affirmé le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères sur la plateforme X.
« Aucune rencontre n’est prévue entre l’Iran et les États-Unis », a-t-il indiqué.
Du côté américain, Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, a déclaré qu’il est possible que le vice-président américain JD Vance « puisse rejoindre Islamabad en cas de progrès dans les négociations ». Une hypothèse qui pourrait laisser penser à une mise à l’écart temporaire liée à l’échec du précédent cycle, auquel Donald Trump semble accorder une importance particulière.
Malgré les déclarations officielles, des divergences internes persistent également au sein du camp iranien. Le président du Parlement, considéré comme une figure montante du régime et présent lors du précédent round, est lui aussi absent de ces discussions. Selon certaines sources, il aurait anticipé des négociations sur le dossier nucléaire avec les Américains, ce qui aurait provoqué son éviction.
De son côté, le ministre iranien de la Défense a également pris position, dans un discours peu conciliant. Cité par l’agence ISNA, il affirme que la puissance militaire iranienne « est désormais dominante » et que « l’ennemi cherche, à travers ces négociations, à sauver la face pour sortir du bourbier dans lequel il s’est enlisé ». Des propos qui ne facilitent pas un processus déjà fragile.
Statu quo et prudence sur les marchés
Pendant ce temps, la situation reste inchangée au niveau du détroit d’Ormuz. Le trafic maritime demeure perturbé, notamment pour le pétrole et le gaz naturel liquéfié, entraînant des répercussions économiques importantes à l’échelle mondiale, en particulier pour les pays européens. Près de 20 % de la production mondiale transite par ce passage stratégique.
Dans ce contexte, les déplacements diplomatiques vers Islamabad sont perçus comme un signal d’apaisement.
Cette perception se reflète dans la réaction mesurée des marchés. La hausse du Brent a été contenue lors de la clôture des échanges, atteignant 105 dollars, soit une progression limitée de 0,25 %.
Krimi Abderrazek