Une vidéo virale sur les réseaux sociaux a récemment indigné l’opinion publique : on y voit des citoyens courir pour espérer acheter un mouton de l’Aïd au kilo. Cette scène, qualifiée de honteuse par beaucoup, interpelle cruellement dans un pays à forte tradition agricole.
Elle est pourtant la conséquence directe d’une envolée historique du prix de la viande rouge, qui a frôlé les 70 dinars le kilo face à un manque criant de régulation de l’Etat ces dernières années. A l’approche de l’Aïd al-Adha (fixé au mercredi 27 mai 2026), le Groupement professionnel conjoint de la viande rouge et du lait, en coordination avec le ministère de l’Agriculture, a tenté de désamorcer la crise en ouvrant des points de vente réglementés dès le lundi 18 mai. Les prix de référence au kilo vif y sont fixés selon le poids : 27 DT (moins de 45 kg), 25,8 DT (45 à 65 kg) et 23,8 DT (plus de 65 kg).
Si cette tarification se veut solidaire, la cohue observée témoigne d’un décalage profond : l’offre à prix administré reste dérisoire face à l’effondrement du pouvoir d’achat. Ce spectacle de désolation montre que la fixation de tarifs d’urgence ne suffit plus à masquer la faillite d’une politique agricole qui peine à protéger tant ses éleveurs que ses consommateurs.