La 10e édition du festival Dream City a officiellement ouvert ses portes ce vendredi au parc du Belvédère, offrant une expérience artistique unique et inclusive au cœur de la capitale. Plus qu’un simple festival, Dream City se distingue cette année par sa volonté de rendre l’art accessible à tous, y compris aux personnes en situation de handicap moteur.
Lors d’une déclaration à Réalités Online, Jan Gossens, co-directeur artistique du festival, décrit cette création comme « un spectacle hors de la norme ». Selon lui, « on recrée un parc, dans un vrai parc, avec des danses entre des enfants en situation de handicap moteur et des danseurs et danseuses qui vont être avec eux comme des prothèses, c’est-à-dire qu’ils deviennent le muscle manquant pour pouvoir courir, sauter, aller vers le porté. Ils pourraient même devenir eux-mêmes des sortes de manèges, des toboggans ».
Le chorégraphe insiste sur l’échange unique qui se crée dans ce type de performance : « Ce n’est pas seulement manipuler les enfants, c’est composer à partir de leur gestuelle particulière, dystonique ou atonique, et de leur humeur. C’est un dialogue permanent où chacun s’augmente par le mouvement de l’autre. »
Pour Jan Gossens, il s’agit également d’un travail de transmission artistique profondément ancré localement : « C’est la première fois que je suis à Tunis pour travailler en tant qu’artiste. Depuis un an et demi, nous avons mené des ateliers dans des centres accueillant des enfants en situation de handicap moteur, en collaboration avec des danseurs tunisiens tels que Hamed, Rouloud, Haziza et Sabri. Nous sommes venus avec eux pour créer ensemble cette danse. »
De son côté, Éric Minh Cuong Castaing, chorégraphe et artiste visuel, a rappelé au micro de Réalités Online la singularité et l’envergure de cette 10e édition : « Dream City, un festival ancré dans la médina de Tunis depuis 2007, est unique. Les artistes internationaux et tunisiens travaillent ici pendant deux ans pour présenter leurs créations dans toute la ville. Cette année encore, nous investissons les espaces publics, la médina, et le parc du Belvédère, pour que chacun puisse partager ce travail artistique d’une manière généreuse et accessible. »
Le festival se tiendra jusqu’au 19 octobre et proposera plus de 56 performances, installations, expositions et projections vidéo, réparties dans 31 lieux à Tunis. Parmi les temps forts, les festivaliers pourront découvrir « Tarab », hommage aux chorégraphes palestiniens assassinés à Gaza, et des œuvres originales comme « Parc » d’Éric Minh Cuong Castaing, « Sham3dan » de nasa4nasa, ou encore « The Grounding Point » de Sonia Kallel.
En cette édition, Dream City réaffirme sa vocation : faire de la création artistique un acte politique, collectif et inclusif, où la rencontre entre artistes et citoyens redessine l’espace urbain et transforme le rêve en réalité. Les billets sont disponibles en ligne sur Teskerti et physiquement depuis le 1er octobre à la Cité de la Culture et autres points de vente partenaires.