Zones reculées, salles de cathétérisme : comment « Nejda.tn » réoriente les patients en quelques minutes ?

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Un an après son lancement progressif et son déploiement national, la plateforme numérique « Nejda.tn » s’est imposée comme un outil central du système de santé tunisien pour la prise en charge des urgences cardiovasculaires. Ce projet a fait l’objet d’une réunion présidée par le ministre de la Santé avec les chefs des services de cardiologie, du SAMU et des urgences hospitalières. Les données publiées par le ministère tunisien de la Santé font état de plusieurs résultats. En effet, plus de 3 000 patients ont été enregistrés. Par ailleurs, environ 2 000 angioplasties d’urgence ont été réalisées. À cela s’ajoutent 280 thrombolyses. Qui plus est, plus de 85 % des patients ont bénéficié d’un cathétérisme cardiaque. En sus, le taux de réponse pour les cas jugés traitables a atteint 99 %.

La principale force du système réside dans sa capacité à coordonner en temps réel les différents acteurs de la chaîne d’urgence, de l’ambulance au service spécialisé. Dans environ 90 % des cas, le délai d’intervention a été réduit à moins de quatre heures. Ce seuil est crucial dans la prise en charge de l’infarctus aigu du myocarde, où chaque minute peut être déterminante pour la survie du patient. La plateforme numérique permet un partage immédiat des informations cliniques, la vérification de la disponibilité du laboratoire de cathétérisme et la prise de décisions thérapeutiques. D’autre part, d’un point de vue organisationnel, « Nejda.tn » favorise une plus grande équité d’accès aux soins. Par conséquent, les patients des zones reculées peuvent être rapidement orientés vers les structures les plus appropriées. Lors de la réunion, les autorités sanitaires ont convenu de nouvelles mesures pour consolider les résultats obtenus, notamment la réduction des délais d’intervention, la disponibilité en temps réel des salles de cathétérisme et le renforcement de la coordination entre tous les acteurs.

Les maladies cardiovasculaires restent la première cause de mortalité dans le monde. Selon les dernières données de l’Organisation mondiale de la Santé et du Rapport mondial sur le cœur 2025, elles seraient responsables de près de vingt millions de décès par an. Environ 85 % de ces décès seraient dus à des infarctus et des accidents vasculaires cérébraux. Par ailleurs, près de 80 % de ces décès surviennent dans les pays émergents et en développement. L’examen des statistiques relatives à l’Afrique du Nord et au Moyen-Orient révèle un taux de mortalité cardiovasculaire standardisé selon l’âge de 67,5 décès pour 100 000 habitants pour les cas directement imputables à un indice de masse corporelle élevé. Ce chiffre contraste avec les 14,4 décès enregistrés dans les régions à revenu élevé. Le Plan d’action mondial de l’OMS vise à garantir qu’au moins la moitié des patients à risque reçoivent les traitements médicamenteux essentiels. Cependant, la réponse des systèmes de santé sur le continent africain peine à suivre le rythme. L’expérience tunisienne démontre comment l’intégration des technologies numériques et de l’organisation des soins peut avoir un impact concret sur les résultats cliniques.

MBY

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