L’Union européenne a approuvé ce vendredi un nouveau train de sanctions visant la Russie. Présenté comme le plus sévère depuis le début de la guerre en Ukraine, ce 18e paquet renforce les pressions économiques sur Moscou, en ciblant notamment les revenus issus du pétrole, les réseaux de contournement des sanctions et le secteur financier.
Un plafond pétrolier revu à la baisse
La mesure principale concerne la réduction du prix plafond du pétrole brut russe autorisé à l’exportation. Il passe de 60 à 47,60 dollars le baril, soit environ 15 % en dessous du prix moyen du marché. Ce nouveau mécanisme, ajustable automatiquement en fonction des fluctuations mondiales, vise à priver le Kremlin d’une partie de ses ressources essentielles au financement de la guerre.
Si les États-Unis n’ont pas encore suivi l’initiative européenne, le Royaume-Uni s’est joint à l’UE, ce qui renforce l’efficacité du dispositif, Londres et les capitales européennes concentrant la majorité des assureurs et courtiers maritimes.
Blocage levé côté slovaque
Ce 18e paquet de sanctions a mis du temps à être adopté en raison de l’opposition de la Slovaquie. Le Premier ministre Robert Fico avait conditionné son accord à des garanties de la Commission européenne sur la sécurité énergétique de son pays. Après plusieurs semaines de négociations, Bruxelles a accédé à ses demandes : compensations financières, coopération renforcée dans le domaine gazier, et possibilité de dérogation en cas de flambée des prix.
Davantage d’entités et de navires ciblés
Les nouvelles mesures s’étendent à d’autres domaines. L’Union européenne renforce son action contre les circuits de contournement des sanctions, en inscrivant 77 navires supplémentaires liés à la « flotte fantôme » russe sur sa liste noire. Trente-deux entités et neuf individus, impliqués dans des activités de soutien logistique ou financier à l’armée russe, sont également visés.
Du côté du secteur bancaire, 22 institutions déjà exclues de Swift se voient désormais interdire toute transaction dans l’Union. Les échanges avec le fonds souverain Russian Direct Investment Fund sont suspendus, et les critères d’identification des établissements finançant l’effort de guerre sont durcis.
Le Bélarus aussi concerné
Le régime bélarusse d’Alexandre Loukachenko est également ciblé. L’embargo sur les armes, jusque-là limité à une simple décision politique, devient juridiquement contraignant. Des sanctions financières renforcées sont également mises en place, en partie alignées sur celles imposées à la Russie.
Une pression que l’UE veut durable
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a salué ce nouveau train de mesures, affirmant qu’il s’agit des sanctions les plus dures prises à ce jour contre Moscou. Elle a rappelé que l’UE entend maintenir la pression jusqu’à l’arrêt de l’agression. La France a également salué cette avancée, estimant que ces mesures pourraient contribuer à forcer un cessez-le-feu.
Alors que la guerre en Ukraine entre dans sa troisième année, l’Union européenne cherche, avec ce 18e paquet, à affaiblir encore davantage la capacité de la Russie à financer et prolonger le conflit.