Le cheptel camelin marocain connaît une diminution préoccupante sous l’effet du changement climatique. Pour rendre compte de cette situation, RFI s’est déplacé sur le terrain au souk Amhayrich, le plus grand marché aux dromadaires du Maroc avec sa superficie de 10 000 m³, situé à Guelmim. Mohammed, un éleveur de 33 ans interviewé par RFI, confirme l’importance de ce marché en affirmant que « ce marché est connu en Afrique pour la vente de dromadaires ». Il précise que « les gens viennent de partout au Maroc » et qu’on y trouve « des dromadaires toute l’année et toute la semaine ».
La sécheresse qui affecte la région depuis dix ans a provoqué la destruction des pâturages et la réduction du cheptel. Mouloud, un commerçant de 39 ans rencontré par RFI sur place, constate une « grande augmentation des prix des dromadaires, notamment de l’étalon ». Il explique cette inflation par le fait que « la sécheresse a fait exploser les coûts, car il faut bien continuer à nourrir les animaux ». Les salaires des bergers représentent également une charge importante, entre 300 et 400 euros par mois. Mouloud indique qu’ils « n’arrivent même plus à trouver de candidats » parmi les Marocains et doivent « faire appel à des Mauritaniens désormais ».
Le morcellement des espaces pastoraux constitue un autre défi pour la filière. Mouloud, dans son témoignage recueilli par RFI, observe que « les constructions, les fermes ont morcelé les grands espaces ». Les acteurs de la filière dénoncent également leur exclusion des dispositifs de soutien à l’élevage, ce qui compromet le développement de la filière cameline au Maroc.
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