Le ministère de l’Environnement a présenté une initiative visant à protéger et à redynamiser les oasis traditionnelles de Tozeur, systèmes agroécologiques caractéristiques du sud tunisien confrontés à des pressions environnementales croissantes. L’objectif est de renforcer la capacité de résilience de ces écosystèmes fragiles, menacés par la diminution des ressources en eau, l’appauvrissement des sols et les évolutions climatiques.
Ce projet s’inscrit dans le programme « Ceinture verte » et devrait être lancé en 2027. Il concerne 29 oasis traditionnelles situées dans le gouvernorat de Tozeur et dispose d’un budget d’environ 45 millions de dinars tunisiens (soit 13,5 millions d’euros).
Parmi les actions prévues figurent la modernisation des réseaux d’irrigation, l’introduction de variétés végétales adaptées à la sécheresse, la diversification des cultures, la prévention des incendies et des maladies végétales, la mise en place d’oasis modèles, le recyclage des déchets agricoles, l’accompagnement des filières locales, la réduction des dépenses énergétiques ainsi que le développement de formes alternatives de tourisme.
Des études préliminaires seront réalisées pour évaluer les répercussions du changement climatique sur les oasis de Tozeur et déterminer les orientations prioritaires en collaboration avec les acteurs locaux et régionaux.
Selon plusieurs experts, la sauvegarde à long terme des oasis tunisiennes ne peut reposer uniquement sur des mesures environnementales. Elle suppose également des réformes structurelles concernant le régime foncier, la gouvernance de l’eau et la diversification des systèmes agricoles. Le morcellement des terres constitue aujourd’hui l’un des principaux freins à la viabilité des exploitations oasiennes. Les très petites parcelles, souvent peu entretenues mais rarement cédées en raison de leur forte valeur symbolique et patrimoniale, limitent les investissements et accroissent la vulnérabilité des agriculteurs face aux aléas climatiques.
« Il est nécessaire de prioriser le remembrement foncier dans les oasis traditionnelles », a déclaré Noureddine Nasr, expert international en agriculture et développement rural. « À défaut, toute action reste onéreuse et non pérenne pour des exploitations qui s’étendent souvent sur 0,1 à 0,3 hectare, voire moins, avec parfois un seul palmier pour une famille entière », a-t-il ajouté.
Les 267 oasis tunisiennes, réparties dans les gouvernorats de Tozeur, Kébili, Gafsa et Gabès, couvrent environ 40 000 hectares, soit près de 10 % des terres irriguées du pays, et abritent quelque 5,4 millions de palmiers dattiers.
MBY