Lors du sommet d’Abuja tenu il y a bientôt vingt ans, les pays africains s’étaient engagés à atteindre une moyenne annuelle d’au moins 50 kilogrammes d’engrais par hectare cultivé d’ici 2015. Cet objectif n’a pas été réalisé. D’après l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la moyenne continentale s’établissait à 22,6 kg/ha en 2023. Ce niveau marque une progression par rapport à l’an 2000, où elle était de 16,3 kg/ha. Par ailleurs, cet indicateur reste très inférieur à la moyenne mondiale, qui atteint 116,4 kg/ha. À cela s’ajoute l’écart avec d’autres régions du globe. L’Asie détient le record d’utilisation d’engrais avec 186 kg/ha. Les Amériques suivent avec 128 kg/ha, puis l’Océanie avec 83 kg/ha.
Les données de la FAO montrent des réalités nationales très différentes sur le continent. En bas du classement, le Niger et le Soudan du Sud utilisent moins d’un kilogramme d’engrais par hectare. En revanche, l’Égypte affiche le niveau le plus élevé avec 407,4 kg/ha. Le Botswana se place au deuxième rang avec 92,4 kg/ha. Le Malawi suit avec 83,2 kg/ha, puis la Zambie avec 76,5 kg/ha. L’Eswatini totalise 73,5 kg/ha et l’Afrique du Sud 67,2 kg/ha. Les Seychelles atteignent 55,7 kg/ha, le Kenya 44,8 kg/ha, l’Éthiopie 40,3 kg/ha et le Maroc 40,2 kg/ha. Le Gabon présente le niveau le plus élevé d’Afrique centrale avec 33 kg/ha. Le Bénin utilise 28,2 kg/ha, ce qui constitue le meilleur chiffre en Afrique de l’Ouest.
La Tunisie occupe la 13e place de ce classement africain. Son utilisation d’engrais minéraux atteint 28,6 kg par hectare de terres cultivées. Ce chiffre place la Tunisie juste devant le Bénin (28,2 kg/ha) et la Namibie (26,7 kg/ha). En Afrique du Nord, la Tunisie se situe derrière l’Égypte, leader continental, et le Maroc (40,2 kg/ha). Qui plus est, l’Algérie figure à la 21e position avec 18,2 kg/ha. Par conséquent, l’écart entre les pays nord-africains reste significatif. D’autre part, la moyenne tunisienne de 28,6 kg/ha demeure inférieure à l’objectif de 50 kg/ha fixé à Abuja. En sus de ce constat, plusieurs pays africains affichent des niveaux bien plus bas. Le Nigeria, géant démographique du continent, n’utilise que 3,5 kg/ha. La Côte d’Ivoire atteint 14,7 kg/ha et le Cameroun 12,9 kg/ha. À cela s’ajoute que la République démocratique du Congo et l’Ouganda totalisent seulement 2,5 kg/ha. La moyenne continentale de 22,6 kg/ha masque donc des situations très hétérogènes. Les sols africains figurent parmi les plus pauvres du monde en éléments nutritifs, selon l’Union africaine. La faible mécanisation et la dégradation des terres compliquent l’amélioration de ces chiffres.
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