L’ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad a été tué lors d’une frappe aérienne survenue à Téhéran, selon des informations relayées dimanche par l’agence de presse Ilna. D’après cette source, l’ex-chef de l’État, âgé de 69 ans, se trouvait à son domicile dans l’est de la capitale, accompagné de ses gardes du corps, lorsque la frappe a eu lieu. Les circonstances exactes de l’attaque et ses auteurs n’ont pas encore été officiellement confirmés, dans un contexte régional marqué par une escalade militaire sans précédent.
La disparition d’Ahmadinejad intervient alors que l’Iran traverse une période de fortes tensions internes et externes, avec des frappes ciblées visant des figures politiques et sécuritaires de premier plan dont l’Ayatollah Ahmedi Khameni.
Né en 1956 dans une famille modeste, Mahmoud Ahmadinejad est diplômé en ingénierie civile et a obtenu un doctorat en transport et planification urbaine. Il s’est fait connaître sur la scène politique nationale après avoir été gouverneur de la province d’Ardabil dans les années 1990, puis maire de Téhéran en 2003. Son élection à la présidence en 2005, à la surprise de nombreux observateurs, s’est appuyée sur un discours populiste axé sur la justice sociale, la redistribution des richesses pétrolières et la défense des valeurs de la Révolution islamique.
Durant ses deux mandats (2005-2013), Ahmadinejad a adopté une ligne dure en politique étrangère, notamment sur le dossier du programme nucléaire iranien, défiant les pressions internationales et entraînant un renforcement des sanctions économiques contre l’Iran. Sur le plan intérieur, sa présidence a été marquée par des politiques économiques controversées, une inflation élevée et une gestion critiquée des subventions. Son second mandat a également été entaché par la crise postélectorale de 2009, lorsque sa réélection a déclenché un vaste mouvement de contestation connu sous le nom de « Mouvement vert ».
Après avoir quitté la présidence en 2013, Ahmadinejad est resté une figure politique active, bien que progressivement marginalisée par l’establishment iranien. Il a tenté de revenir sur le devant de la scène lors d’élections ultérieures, sans succès, tout en multipliant les prises de position critiques à l’égard de certaines institutions du régime.
Sa mort, si elle est confirmée officiellement par les autorités iraniennes, marquerait la disparition d’une personnalité majeure et controversée de la République islamique, dont l’empreinte sur la politique iranienne et sur les relations internationales du pays demeure significative.
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