Au plan méthodologique, l’interrogation frappe, toujours, à la porte close de l’investigation. Commençons, donc, par soulever la question appropriée à la situation posée par l’actualité : pourquoi Dimona ? Le gardien de la révolution répond : par mesure de rétorsion contre la frappe de Natanz.
Autrement dit, œil pour œil, dent pour dent. Soit, mais pourquoi stopper, si vite, l’exploration ? Un premier pas réclame un second bond esquissé en avant. C’est l’œil de qui et la dent de qui ?
La puissante offensive déclenchée, tous azimuts par l’Iran ce 21 mars contre l’entité sioniste et les bases américaines au Moyen-Orient suggère une interprétation nimbée de probabilité. Le soutien des pasdarans par la Chine et la Russie paraît encore davantage explicité.
Mais pourquoi ces deux pays prennent-ils ce risque d’affronter une Amérique surarmée ? Avec cette nouvelle interrogation débute l’exploration un peu plus approfondie.
En effet, la série de questions réunies clarifie le contexte global d’où surgit l’hypothèse cruciale. Peu enclins à l’attaque frontale des Etats-Unis nucléarisés, Chine et Russie recourent à l’Iran pour contraindre un Trump harcelé à trébucher. Inapte à éventer la stratégie militaire de la Chine et de la Russie réunies, l’abruti dégarnit deux fronts importants pour mieux frapper l’Iran. Sa focalisation permet à ses deux principaux ennemis jurés, ces communistes impénitents, de mieux lui damer le pion. Vas-y crétin, use ta première armée du monde contre les gardiens de la révolution jusqu’au moment où tu comprendras, trop tard, comment nous t’aurons. Ainsi parlait Platon : les cloîtrés dans la caverne regardent l’ombre des marionnettes projetée sur la paroi et crient qu’il s’agit de la vérité.
Pour Socrate, le scepticisme aide les jeunes Athéniens à se départir de la thèse erronée colportée par le trumpisme. Déjà, les gars de Maga ou, du moins, une part d’entre eux, commencent à ouvrir les jeux. Pour l’instant, Trump menace de priver l’Iran d’électricité. Aussitôt, les gardiens de la révolution menacent de priver les pays du Golfe d’eau potable et la mise en œuvre de ces deux mesures dirigerait les belligérants vers le dédale de la guerre totale. Chine et Russie espèrent, toutes les deux, essayer de tirer les marrons du feu. Le Hezbollah vient de canarder le premier soldat israélien au Sud-Liban.
Durant ce temps pluvieux, de nombreux Libanais chassés par Netanyahu survivent sous les tentes improvisées. Pour la première fois, l’armée israélo-américaine paraît déboussolée.
Benyamin Netanyahu continue à menacer mais je ne l’ai jamais vu aussi désemparé. Les pasdarans et le Hezbollah soi-disant anéantis infligent aux génocidaires des pertes sévères.
Est-ce un tournant de la guerre ? Iraniens et Libanais, mais pas eux seulement, espèrent voir le petit et le grand satan finir leur sombre itinéraire à la manière d’Hitler grâce, en partie, à la Chine et à la Russie.
Hélas, les deux criminels de guerre sont trop lâches pour oser loger une balle au fond de leur sale cervelle. En dernière analyse, l’Iran fut un leurre voué par l’alliance russo-chinoise à mener l’impérialisme israélo-américain vers son malheur… le 21 mars, 60% des Américains désapprouvent le plan annoncé par Trump quant à la frappe des centrales électriques iraniennes. Le lendemain, le président libanais dénonce la préparation de l’invasion et de l’annexion du Sud-Liban par Tsahal après la destruction du pont reliant le Nord et le Sud. L’armée israélienne serait disposée à récidiver sur le modèle de Gaza rasée. Les commentateurs télévisuels évoquent, tour à tour, soit le bourbier soit le traquenard escalatoire.
Aux aguets, Russes et Chinois surveillent les démêlés de leur ennemi déboussolé…
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