L’Assemblée des représentants du Peuple (ARP), tiendra ce vendredi 3 Avril 2026, une plénière lors de laquelle des questions orales seront adressées à la ministre des affaires culturelles, Amina Srarfi, selon le site officiel de l’ARP.
Les députés mettront, certainement, lors de cette plénière, l’accent sur plusieurs dossiers épineux liés au portefeuille tenu par la ministre de la culture.
Parmi ces dossiers, celui du transfert du siège du ministère, une « décisions » qui a suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux au cours des dernières semaines, sans qu’une réponse claire et officielle ne soit parvenue de la part du ministère. Pour les internautes, le siège actuel a un une valeur historique et symbolique. Son transfert, pour des raisons apparemment liées à sa proximité du ministère de la défense et de la présidence du gouvernement, ne peut être justifiée.
Un autre dossier, non moins épineux, est relatif à la conservation du patrimoine matériel et immatériel. Les pluies et les averses fortes qu’a connue la Tunisie lors de ces derniers mois et qui ont causé l’effondrement de plusieurs sites historiques et culturels symboliques, notamment à Sidi Bousaid, mettent la question de la préservation du patrimoine au cœur du débat sur la culture en Tunisie.
Une visite aux sites archéologiques partout en Tunisie, permet de constater l’Etat de délabrement de ces sites, due à une absence manifeste de maintenance. Une telle absence qui nous conduit à nous demander sur le rôle de l’Institut National du Patrimoine.
La restitution du patrimoine culturel matériel, sa mise en valeur en vue d’une optimisation de son exploitation, sur le plan de la promotion du tourisme notamment, a une double portée. D’une part, il permet de préserver la mémoire collective et renforcer le sentiment d’appartenance à une identité nationale, chez les jeunes et nouvelles générations, notamment. D’autre part, il peut avoir un impact économique et social certain.
Il suffit de visiter quelques sites au sud tunisien, à l’instar des Ksours du désert à Tataouine ou les Troglodytes de Matmata, uniques au monde, pour constater un effondrement constant de ces perles dans le désert tunisien, sans qu’aucune intervention significative ne soit constatée par l’Etat, à travers les institutions du ministère de la culture.
Certaines initiatives de quelques citoyens de ces régions, afin de rendre ces sites exploitables pour le tourisme et s’offrir des revenus, non stables par ailleurs, liés aux randonnées des touristes tunisiens ou étranger, montrent l’existence d’un besoin réel dont seul l’Etat a les capacités d’y répondre. Car ce qui se passe actuellement, comporte le risque certain de défigurer ce patrimoine, étant donné que le réaménagement et la restitution ne se font pas sur des bases techniques et scientifiques qui préservent l’aspect authentique de ce patrimoine.
Krimi Abderrazek