Après plus d’un an d’interruption, la liaison ferroviaire entre Tunis et Mahdia, via Monastir, s’apprête à reprendre du service. La Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT) a officialisé le retour de cette desserte, suspendue jusqu’ici pour des raisons techniques majeures liées à une pénurie chronique de matériel roulant. Si l’annonce de la reprise — effective dès le 19 avril au départ de Tunis et le 20 avril au départ de Mahdia — est accueillie favorablement par les usagers de la région, elle ravive néanmoins un débat de fond sur la gestion de la flotte de la compagnie .
Des craintes persistent
Ce redéploiement ne se fait pas sans crainte. Dans un contexte où la SNCFT lutte quotidiennement contre la vétusté et la rareté de ses équipements, de nombreux observateurs redoutent que cette réouverture ne se fasse au détriment d’autres lignes. La crainte d’un transfert de matériel « déshabillant » certains axes pour en « habiller » d’autres est d’autant plus vive que les signes de tension sur le réseau se multiplient.
L’actualité récente illustre d’ailleurs l’exaspération croissante des voyageurs. Mercredi dernier, un sit-in a éclaté à la gare de Kalaâ Kébira, où des passagers en colère ont protesté contre la suppression imprévue, pour la deuxième journée consécutive, du train reliant Sousse à la capitale. Ce mouvement d’humeur n’est pas isolé : la ligne de Sousse semble être devenue la variable d’ajustement récurrente de la compagnie, systématiquement sacrifiée dès qu’une panne ou une indisponibilité matérielle survient ailleurs sur le réseau.
Une reprise durable !
Ainsi, au-delà de la satisfaction de voir la ligne de Mahdia de nouveau opérationnelle, le défi pour la SNCFT reste entier. Il s’agit désormais de prouver que cette reprise est durable et qu’elle ne fragilisera pas davantage un service déjà sous haute tension, marqué par des suppressions aléatoires qui pèsent lourdement sur le quotidien des usagers.