L’ancien président yéménite Abd Rabbo Mansour Hédi est décédé ce jeudi à l’âge de 81 ans dans sa résidence d’exil à Riyad, la capitale saoudienne, après une longue lutte contre la maladie. Selon plusieurs sources médicales et gouvernementales, sa santé s’était gravement détériorée ces dernières semaines en raison de complications cardiaques chroniques qui ont nécessité son hospitalisation d’urgence avant son décès. Cet événement marque la fin d’un chapitre majeur de l’histoire contemporaine du Yémen, dont Mansour Hédi a été l’un des protagonistes les plus marquants de ces deux dernières décennies. En réaction à cette disparition, le Conseil de direction présidentiel yéménite a immédiatement décrété un deuil national de trois jours sur l’ensemble des territoires sous son contrôle.
Né en 1945 dans la province d’Abyan, Abd Rabbo Mansour Hédi a d’abord mené une carrière d’officier militaire avant de devenir le vice-président de l’indéboulonnable Ali Abdallah Saleh en 1994, restant dans son ombre pendant près de dix-sept ans. C’est le soulèvement populaire de 2011, dans le sillage des Printemps arabes, qui l’a propulsé au pouvoir en février 2012 lorsqu’il a été élu à l’unanimité pour diriger une transition politique qui s’annonçait historique mais qui s’est avérée extrêmement fragile.
Son mandat présidentiel a rapidement basculé dans le chaos face à la montée en puissance de la rébellion houthie, qui s’est emparée de la capitale Sanaa à la fin de l’année 2014. Assiégé puis contraint à la fuite vers la ville portuaire d’Aden, le président Hédi a finalement trouvé refuge en Arabie saoudite en mars 2015, ce qui a déclenché l’intervention militaire d’une coalition arabe menée par Riyad pour tenter de le rétablir dans ses fonctions.
Reconnu durant de longues années par la communauté internationale comme le seul chef d’État légitime du Yémen malgré son exil, il a fini par céder ses pouvoirs en avril 2022 à un Conseil de direction présidentiel collégial sous la pression de ses alliés régionaux qui cherchaient une issue politique au conflit. Depuis cette mise à l’écart forcée, l’ancien maréchal menait une existence discrète à Riyad, loin des projecteurs, alors que son pays demeure profondément divisé par une décennie de guerre civile.
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