Le directeur de la rédaction de Réalités, Taïeb Zahar, a reçu, ce jeudi 18 juin, l’ambassadeur de Cuba en Tunisie S.E.M Orlando Requeijo Gual, qui a effectué une visite de courtoisie au siège du groupe. La rencontre s’est déroulée en présence du rédacteur en chef adjoint de Réalités Magazine, Mohamed Ali Ben Sghaïer, et de la rédactrice en chef de Réalités Online, Hajer Ben Hassen.
Cette entrevue a d’abord été l’occasion de saluer la solidité des liens d’amitié historiques qui unissent la Tunisie et Cuba, tout en réaffirmant le soutien constant de la Tunisie à la nation caribéenne sur la scène internationale. En effet, chaque année, la Tunisie réaffirme sa position de principe à l’Assemblée générale des Nations Unies en votant favorablement, aux côtés de l’écrasante majorité de la communauté internationale, la résolution exigeant la levée du blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba.
Un quotidien cubain asphyxié par le blocus
L’entretien a ensuite permis de passer en revue la situation socio-économique particulièrement critique à Cuba. L’ambassadeur a longuement exposé les répercussions actuelles du blocus économique, évoquant une crise multidimensionnelle qui frappe de plein fouet le peuple cubain.
Le secteur touristique, moteur essentiel de l’économie, subit de lourdes pertes. Face aux pénuries chroniques, notamment d’approvisionnement en carburant, de grands investisseurs internationaux, particulièrement espagnols et canadiens, ont fini par plier bagages.
Autrefois fleuron du pays, le secteur médical, traverse, de son coté, une zone de fortes turbulences. Le diplomate a alerté sur des indicateurs alarmants. Le taux de mortalité des nouveau-nés a doublé, tandis que plus de 100 000 personnes sont actuellement sur liste d’attente pour des interventions chirurgicales, systématiquement reportées en raison des coupures d’électricité logistiques.
L’approvisionnement des villes et l’accès à l’électricité au sein des centres urbains sont devenus un défi quotidien d’une extrême complexité, paralysant les infrastructures de base. Pour pallier l’absence de carburants traditionnels, La Havane tente de maintenir un flux minimal en s’appuyant sur de petits véhicules et camions électriques. Cependant, ces solutions de substitution restent dérisoires et insuffisantes face à l’immensité des besoins de la population.
Interpellé sur le rôle que pourrait jouer la transition vers les énergies renouvelables pour faire face à cette crise, le diplomate a assuré que son pays a déployé des efforts considérables pour diversifier sa matrice énergétique et s’affranchir de la dépendance aux combustibles fossiles.
Il a cependant noté que bien que l’île bénéficie d’un fort potentiel solaire, la technologie actuelle requiert des infrastructures complexes, notamment des parcs de batteries industrielles pour stocker cette énergie et l’injecter de manière stable dans le réseau de nuit ou par temps couvert. Le déploiement de ces alternatives vertes reste donc lourdement tributaire de défis technologiques et financiers majeurs, accentués par l’isolement économique imposé au pays.