Créée au lendemain de l’indépendance, l’Armée nationale célèbre aujourd’hui sept décennies d’engagement au service de la Nation. De la protection des frontières aux missions d’urgence civile, retour sur l’histoire d’une institution républicaine devenue le socle inébranlable de l’État tunisien.
Par Jied Aouij*
Le 24 juin n’est pas une simple date sur le calendrier national ; c’est le symbole fondateur de notre souveraineté. Il y a tout juste soixante-dix ans, le 24 juin 1956, dans le sillage immédiat d’une indépendance chèrement acquise, la Tunisie donnait naissance à son Armée nationale. Cette institution est née d’une volonté politique inébranlable : celle de bâtir un État moderne, maître de son destin et capable d’assurer la sanctuarisation de son territoire.
Depuis sept décennies, cette armée profondément républicaine s’est érigée en rempart de la Nation. Elle a accompagné, en silence et avec une rigueur exemplaire, chaque étape cruciale de l’édification de l’État. Loin des tumultes, elle a su cultiver sa neutralité absolue, s’imposant par sa discipline et son dévouement exclusif au service public.
L’histoire de notre institution militaire se confond intimement avec celle de la République. Des premiers bataillons constitués en 1956 aux unités d’élite d’aujourd’hui, l’Armée a su se moderniser face à des menaces asymétriques complexes. Qu’il s’agisse de la protection de nos frontières ou de la lutte acharnée contre le terrorisme, son professionnalisme et sa fiabilité forcent le respect, tant à l’échelle nationale qu’internationale. Mais son engagement dépasse également le strict cadre sécuritaire : véritable armée citoyenne, elle est de toutes les batailles.
Lors des catastrophes naturelles, des crises sanitaires ou des urgences, ses effectifs déploient une efficacité redoutable sur le terrain.
En tant que conseiller en sécurité et défense, j’ai le privilège d’évoluer au plus près de nos forces. Travaillant régulièrement à leurs côtés, je suis le témoin direct du professionnalisme exceptionnel de nos ingénieurs de l’armement, ainsi que de l’expertise pointue de toutes les spécialités qui composent notre appareil militaire. Ce niveau d’excellence technique et ce dévouement sans faille font de notre armée une institution profondément chère à mon cœur.
C’est pourquoi je souhaite dédier cet éloge à nos trois armées — l’Armée de Terre, la Marine nationale et l’Armée de l’Air — qui veillent sans relâche sur la République. J’adresse une pensée toute particulière, empreinte de mon plus grand respect, à l’Agence de renseignement, dont le travail acharné, précis et silencieux demeure le bouclier invisible et indispensable de notre Nation.
Je tiens également à exprimer ma profonde reconnaissance envers les organes logistiques, les organes de soutien, les organes administratifs ainsi que les organes sanitaires. Ces structures centrales constituent la véritable colonne vertébrale de l’institution, le moteur sans lequel aucune mission ne saurait aboutir. J’espère n’avoir oublié aucune direction ni aucune unité dans ce message ; si tel devait être le cas, je m’en excuse humblement, tant mon respect est immense et inconditionnel pour chaque individu qui compose et fait vivre cette armée, du simple soldat au général.
Célébrer ce soixante-dixième anniversaire, c’est aussi s’incliner avec une profonde humilité devant la mémoire de ceux qui ont consenti le sacrifice suprême. À ces martyrs tombés au champ d’honneur pour que vive la Tunisie, la Nation voue une reconnaissance éternelle. Leur héritage résonne dans notre conscience collective comme une boussole morale.
Que l’Armée nationale tunisienne, forte de son glorieux passé et résolument tournée vers l’avenir, poursuive avec honneur sa noble mission.
Bonne fête à nos forces armées, rempart éternel de la Tunisie.
*Conseiller en sécurité et défense