Inaugurée le 30 juillet au Centre d’art de Beyrouth, la deuxième édition de l’exposition « Made by Sihr » se tient jusqu’au 25 octobre dans la capitale libanaise. Cette manifestation, conçue par le commissaire Tarek Abou El Fetouh, se distingue par son caractère itinérant : après un premier chapitre à Tunis à l’automne 2025, elle investit Beyrouth avant de se déplacer à Damas, Djeddah et Bagdad dans les mois à venir. Trente-trois artistes originaires du monde arabe participent à cette édition, dont sept ont bénéficié d’un soutien spécifique de la part de la fondation régionale Al Mawred.
Ces sept projets, réalisés par des artistes libanais, syriens et palestiniens, ont été produits spécialement pour l’exposition beyrouthine et seront également présentés dans les étapes ultérieures du parcours. Les disciplines représentées couvrent un large spectre allant de la photographie et de la sculpture à la vidéo, en passant par les installations et la recherche visuelle. Les thématiques abordées – mémoire, guerre, exil, rapport à la ville et au territoire – résonnent avec les préoccupations contemporaines de la région.
Parmi les œuvres soutenues figurent « Le dernier mûrier » du Syrien Bachar Fiouz, qui propose une série photographique entièrement réalisée depuis la fenêtre de son domicile, ou encore « La vie chuchote avec une petite griffe » de la Syrienne Ronak Ahmad, qui prolonge son travail de sculpture en bronze. L’artiste syrien Hossam Sarghaye présente « Réarrangement », issu de son expérience durant le service militaire, tandis qu’Alaa Cheikh Hassan explore les archives personnelles de l’emprisonnement politique dans « Maison de rêves ». La Palestinienne Saba Anab interroge les notions de temporalité et d’occupation à travers « Tunnel… pardon, je veux dire tranchée », et son compatriote syrien Mohamed Namour livre une réflexion visuelle sur la géographie de la peur à Damas. Enfin, le Libanais Ahmad Ghossein, connu pour son cinéma primé, présente « Histoire numéro un », œuvre qui s’inscrit dans sa pratique transversale entre art contemporain et cinéma.
Ce volet beyrouthin, organisé en partenariat avec le Centre d’art de Beyrouth, s’accompagne d’un programme public conçu pour la ville. Les responsables d’Al Mawred ont souligné l’importance de cette collaboration pour offrir aux artistes des opportunités de visibilité dans des contextes variés. De son côté, la direction du Centre d’art de Beyrouth a salué un partenariat qui reflète une vision commune de la durabilité culturelle, fondée sur la confiance et les échanges à long terme. L’exposition, qui tire son nom des maqâms musicaux arabes, entend ainsi dépasser le cadre esthétique pour engager une réflexion plus large sur les identités, les frontières et les héritages dans un espace arabe en pleine mutation. Elle reste ouverte au public jusqu’à la fin octobre, avant de reprendre sa route vers les prochaines capitales.
Photos: Riadh Sahli
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