En ces débuts de septembre, le Rassemblement national propose un débat sur l’interdiction du voile islamique dans l’espace public. Lors de la campagne électorale pour la présidentielle, Marine Lepen et Jordon Bardela explicitent les raisons de leur position. Par son ample dimension, le khimar porte atteinte à la discrétion. Tel n’est pas le cas de la croix catholique et de la kippa hébraïque. C’est déjà oublier les sœurs blanches habillées de la tête aux pieds. Le signe, par sa fonction, celle de la présentation, outrepasse la question de sa dimension. Dans son ouvrage titré “Messages et signaux”, Luis J. Prieto écrit : «Un signal est un instrument servant à transmettre des messages». Quelle signification transmet aux récepteurs le porteur du voile ? Il indique l’appartenance à la communauté islamique. Dès lors, les dérangés par le contenu de ce message découvrent les traits de leur visage et le sens de leur bavardage où prédomine, a priori, l’islamophobie. Voilà pourquoi Mélenchon dénonce «un racolage électoral».
Toutefois, le refus de porter le voile paraît irréductible à une prise de position contre la religion. Rema Hammami écrit : «Si l’on peut créditer ce mouvement de quelques développements positifs, il reste qu’il a été aussi le cadre d’une campagne vicieuse à Gaza visant à imposer le port du hijab (foulard) à toutes les femmes». L’objection catégorique vise le Hamas et son conservatisme idéologique. De même, des Iraniennes réfutent le port du voile à la barbe de la répression imposée par les pasdarans.
L’Afghanistan mène à son terme la sujétion des femmes exclues de la scolarisation. En Tunisie, Bourguiba commence par accepter le voile par démarcation identitaire eu égard à la colonisation, puis arrache le sefsari et découvre le visage d’une femme, à la télévision, par souci d’émancipation.
Le voile n’existe pas hors de son interprétation. Dans son introduction à l’œuvre de Marcel Mauss, Claude Lévi-Strauss évoque la manière dont «la structure sociale imprime sa marque sur les individus». Cette appréciation précise le propos de Protagoras : «L’homme mesure de toute chose».
Il s’agit de l’homme socialisé au sens où Robert Escarpit écrit : «Il y a d’abord évidemment le langage “culturel”». Le 4 septembre, Bardela proclame : «Il n’y a pas de place, en France, pour l’islam». Produit d’une culture chrétienne, ce candidat à la présidence française oriente l’attention vers la guerre des religions.
Le rejet de l’immigration corrobore cette prise de position. Or, au plan démographique, la France actuelle est multiculturelle.
Ce même courant de pensée xénophobe sévit en Italie avec Georgia Mélonie et aux États-Unis où Trump réduit à une «broutille» le conflit provoqué, par lui, avec l’Iran. Ces réactionnaires moroses butent sur ce que Simone de Beauvoir dénomme «la force des choses». Elle désavantage l’Ukraine face à la connivence russo-américaine.
Le 5 septembre, Poutine reçoit Witkoff et Kushner envoyés par Trump avec un plan de paix. Ravi, détendu, souriant, le maître du Kremlin apprécie, au plus haut point, la rencontre apte à mettre en berne le poids des Européens. L’entrevue, tenue dans un salon restreint narre l’intimité partagée. Après Poutine, les émissaires américains iront voir Zelinsky le lendemain.
Dans ce cas de figure, la force des choses accorde la primauté au critère des affaires politico-financières.
Eu égard à Lavrov, habile et ancien diplomate, les deux émissaires américains et Trump versent davantage dans la sphère immobilière.