“Trop longtemps, notre espace commun a été abordé principalement à travers ses crises, ses fractures et ses menaces.”
Dans de son discours d’ouverture lors de la 28e Edition du Forum International de Réalités (FIR), consacrée au Nouveau Pacte pour la Méditerranée, Taïeb Zahar, Président du FIR, a défendu la nécessité d’un changement de regard sur la Méditerranée et la Tunisie pour la bonne concrétisation du Nouveau Pacte.
Pour une relation équilibrée entre les deux rives
Le Président du Forum a insisté sur la nécessité de voir les pays de la rive sud autrement que “des destinataires de programmes conçus ailleurs”. Il a défendu que la Méditerranée est un espace d’opportunités, de circulation des savoirs, des talents ou encore d’investissements. Pour lui, la région et la Tunisie doivent pouvoir s’affirmer comme acteurs clés dans l’élaboration de ce projet.
La Tunisie “ne doit plus être envisagée comme une simple périphérie de l’espace européen, ni comme un partenaire réduit aux seules problématiques migratoires ou sécuritaires” a-t-il déclaré. Selon Taïeb Zahar, le pays doit s’affirmer comme un partenaire stratégique, capable de contribuer activement à la construction d’un espace euro-méditerranéen plus intégré. Sa participation ne doit pas se limiter à solliciter des financements, mais à définir des projets solides, porteurs de développement et d’investissement pour le pays.
Comme l’a souligné le Président du FIR, la Tunisie dispose de compétences humaines reconnues, d’un potentiel industriel et technologique important, d’une position géographique stratégique et d’une longue tradition d’échanges avec l’Europe comme avec le continent africain. Le pays est capable de développer et présenter de grands projets transformateurs. Il faut désormais aboutir à des actions concrètes.
Enfin, il estime que ce partenariat “ne peut être véritablement stratégique que s’il repose sur la réciprocité, la confiance et le respect des priorités de chacun.”
L’avenir du FIR : un espace indépendant de suivi
Lors de son allocution, Taïeb Zahar a également partagé la volonté du Forum de devenir “un rendez-vous annuel de suivi, d’analyse et d’évaluation des avancées du Pacte.” L’objectif est de dresser un état des lieux des engagements pris, mesurer les progrès et identifier les échecs, ainsi que les résultats à améliorer.
“Nous aimerions ainsi que, d’une édition à l’autre, notre Forum permette de répondre à une question simple, mais essentielle : Qu’avons-nous réellement accompli pour faire de la Méditerranée un espace de prospérité, de solidarité et de destin partagé ?”
Le Président du FIR a tenu à rappeler la volonté du Forum et de Réalités de jouer pleinement leur rôle : “celui d’un média libre et engagé, capable de nourrir le débat public, de rapprocher les acteurs et de contribuer à la réflexion stratégique.”
Pour la Tunisie, l’enjeu est clair : ne pas rester à la périphérie d’une dynamique qui engage directement son avenir, mais devenir un acteur de premier plan dans la construction d’un partenariat méditerranéen renouvelé.