A l’approche des examens de fin d’année : la saison des cours particulier atteint son apogée

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Moins de deux mois nous séparent des examens scolaires de fin d’année. Une période d’énorme stress aussi bien pour les élèves, leurs parents ainsi que pour les enseignants.

Malheureusement, depuis des dizaines d’années, une question récurrente ne cesse d’être posée à chaque rentrée scolaire, mais aussi, à chaque approche des examens de fin d’années : celle des cours particuliers.

On a beaucoup évoqué l’une des manifestations et conséquences de ce phénomène, auquel aucune solution efficace n’a été conçue ni mise en place : celle de la pression qu’il génère pour le budget des familles. Certaines familles vont jusqu’à solliciter un crédit bancaire pour faire face aux dépenses liées aux cours particuliers, qui deviennent désormais « obligatoires » et contraignantes. Et certainement, ce sont les enseignants qui sont les premiers bénéficiaires de cette manne de ressources financières supplémentaire qui, et ceci devient plus qu’évident, ne sert plus uniquement à arrondir les fins de mois, mais aussi à réaliser des bénéfices conséquents.

Ceci nous conduit à un constat frappant, le rapport élève-enseignant n’est plus uniquement un rapport éducateur-éduqué, il revêt désormais un aspect économique qui biaise la relation initiale entre ces deux parties.

Est-ce qu’il s’agit d’un intérêt croissant que la famille et la société accordent à l’éducation au point d’investir dans l’enseignement de leurs enfants pour améliorer leur niveau scolaire et ce dans le cadre d’une vision qui considère l’école comme étant encore le principal ascenseur social ? est ce une manière à travers laquelle une nouvelle forme de privatisation de l’école qui est entrain de se mettre en place et qui porte un coup dur à l’école publique instaurée depuis l’indépendance ?

Une chose est certaine, c’est que les méthodes utilisées par certains enseignants sont de nature à pousser à une remise en cause du statut actuel de l’école publique ainsi que du rôle de l’Etat à préserver un minimum de crédibilité à l’enseignement qu’elle dispense.

Ainsi, le recours, souvent excessif, aux cours particuliers peut-il être le signe d’une insuffisance de l’enseignement dispensé par l’école au point de pousser les élèves et leurs parents à chercher des moyens alternatifs pour combler ce déficit ? ou bien ce sont les méthodes, qui manquent parfois d’éthique, utilisés par les enseignants pour imposer aux élèves ces cours particuliers qui deviennent désormais trop couteux.

Et encore une fois, que fait le ministère de l’éducation dans tout ça ? à priori, il se contente de faire l’oreille sourde, laissant se développer des pratiques qui vont à l’encontre des valeurs éducatives.

En tout cas, ceci témoigne d’une chose très importante, c’est que notre école publique va mal. Car on n’a pas cessé de parler, et ce depuis des dizaines d’années, de la nécessité d’une réforme globale du système éducatif, une réforme qui permet à l’école tunisienne de retrouver son éclat d’antan et constituer un vrai pilier pour l’épanouissement de la société entière sur tous les niveaux. Or, cette réforme tarde à venir et l’on est en droit de se demander quand est ce qu’on prendra au sérieux les défis posés par notre école publique qui comptait parmi les meilleurs systèmes dans le monde.

Krimi Abderrazek

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