Affaire de la « donation chinoise » : Rafik Bouchlaka renvoyé devant la chambre criminelle du pôle judiciaire économique et financier

La chambre d’accusation spécialisée dans les affaires de corruption financière près la Cour d’appel de Tunis a décidé, ce lundi 3 août 2026, de confirmer l’ordonnance de clôture de l’instruction rendue par le juge d’instruction du pôle judiciaire économique et financier dans l’affaire dite de la « donation chinoise », impliquant l’ancien responsable politique Rafik Bouchlaka.

Selon une source judiciaire citée par l’agence TAP, Rafik Bouchlaka est poursuivi pour abus de fonction ayant causé un préjudice matériel à l’administration en vue d’obtenir un avantage indu, ainsi que pour détournement de fonds publics dont il avait la gestion en raison de ses fonctions.

La chambre d’accusation a également décidé de le renvoyer, en état de fuite, devant la chambre criminelle du pôle judiciaire économique et financier près le Tribunal de première instance de Tunis afin qu’il soit jugé pour ces faits.

L’affaire porte sur le dépôt présumé d’une donation chinoise d’un montant d’un million de dollars sur un compte bancaire privé ouvert au nom de « Affaires étrangères – compte spécial », au lieu d’être intégrée dans les circuits légaux de gestion des fonds publics.

D’après les conclusions de l’enquête, l’accusé aurait utilisé une partie de cette somme à des fins personnelles, notamment pour régler des frais de séjour dans plusieurs hôtels en Tunisie au moyen de chèques tirés sur ce compte, sans justification liée à des missions officielles, faisant ainsi supporter ces dépenses au budget de l’État.

Les investigations ont également mis en évidence des irrégularités dans l’attribution de marchés et de prestations de services, réalisés sans appel d’offres ni procédure de mise en concurrence. Les enquêteurs évoquent notamment un contrat conclu avec un prestataire chargé de couvrir des activités du ministère des Affaires étrangères, rémunéré à partir du même compte bancaire.

L’enquête a, par ailleurs, révélé que plusieurs employés du ministère avaient retiré des chèques à leur nom avant de remettre les sommes à d’autres fonctionnaires, une opération qui aurait été effectuée avec l’accord de Rafik Bouchlaka, seul habilité à signer les chèques.

Enfin, la justice lui reproche également d’avoir financé, à partir de ce compte, des achats sans lien avec ses fonctions ainsi que des frais de voyage de personnes se rendant en Italie. Les enquêteurs ont aussi constaté que des individus n’ayant aucun lien avec le ministère des Affaires étrangères avaient pu encaisser des chèques émis sur ce compte.

Related posts

Une Tunisienne au cœur de la Palestine occupée : Le récit d’un drame

Rénovation du service d’immunologie de l’hôpital La Rabta

Accidents de la route : 810 morts et plus de 3 700 blessés depuis le début de 2026