Affaire du stade El-Menzah : l’OIT réclame le maintien en liberté des ingénieurs interpellés

L’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT) a fait part, dans un communiqué, de sa vive préoccupation après les récentes arrestations d’ingénieurs. Il a exprimé sa pleine solidarité avec les personnes concernées et leurs familles, tout en réaffirmant son attachement à la présomption d’innocence et aux garanties d’un procès équitable, dans le respect de l’indépendance de la justice et avec confiance dans les institutions de l’État.
Tout en renouvelant son appel à l’adoption d’une loi spécifique sur la responsabilité de l’ingénieur, qui définirait clairement ses droits, ses devoirs et les limites de sa responsabilité, sans l’exonérer en cas de faute avérée, l’Ordre refuse que l’ingénieur devienne « le maillon faible » de la chaîne de responsabilités dans la réalisation des projets publics, ou qu’il porte le poids de décisions et d’erreurs qui dépassent ses prérogatives. Il insiste sur la nécessité de distinguer la faute technique ou d’appréciation, le manquement administratif et l’infraction délibérée ou la corruption, chaque intervenant devant répondre selon ses attributions et ses obligations réelles.

Rappelant les articles 25, 26 et 27 du décret n° 12 de 1982 organisant la profession, l’OIT plaide pour le recours aux mécanismes professionnels et aux expertises techniques spécialisées, afin d’établir les responsabilités sur des bases scientifiques et objectives.

L’Ordre annonce qu’il apportera aux ingénieurs concernés l’accompagnement professionnel et juridique nécessaire, et s’oppose à toute responsabilité collective ou étrangère à leurs compétences, les responsabilités devant être individualisées au vu des expertises, des documents contractuels et des attributions effectives. Il demande également que les ingénieurs détenus soient maintenus en liberté, avec la garantie de leur comparution et de leurs droits de la défense, sans entraver le bon déroulement de l’enquête.

Défendre l’ingénieur, souligne l’OIT, ne signifie ni justifier l’erreur ni tolérer la corruption, mais la lutte contre la corruption ne doit pas se faire au détriment de la présomption d’innocence et de la dignité des ingénieurs.

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