Thierry Béranger : « La Tunisie doit renforcer sa compétitivité pour tirer pleinement profit du nouveau Pacte pour la Méditerranée »

Intervenant lors du troisième panel intitulé « Tunisie-UE : Vers un nouveau Pacte industriel », organisé dans le cadre de la 28e édition du Forum international de Réalités, placée sous le thème « Tunisie-Union européenne : le pacte pour la Méditerranée à l’épreuve des chocs globaux », Thierry Béranger, chef de la section Commerce à la Délégation de l’Union européenne en Tunisie, a souligné les perspectives offertes par le nouveau Pacte pour la Méditerranée à l’industrie tunisienne.

S’exprimant au micro de Réalités Online, Thierry Béranger a considéré que la Tunisie peut d’ores et déjà tirer parti des dynamiques industrielles existantes et des filières dans lesquelles des entreprises tunisiennes ont acquis une expertise reconnue. Il a notamment cité l’aéronautique, l’automobile, le textile, les secteurs maritimes et les drones, où des entreprises tunisiennes commercialisent déjà leurs produits, finis ou semi-finis, sur le marché européen. Ces acquis constituent, selon lui, des dynamiques à encourager et à consolider.

Pour en tirer pleinement profit, il estime que la Tunisie doit renforcer la compétitivité de son tissu industriel autour de quatre leviers principaux : l’énergie, les compétences, la qualité de l’administration et l’environnement.

Sur le volet énergétique, il a notamment évoqué le projet ELMED et le développement des capacités photovoltaïques, considérant que la Tunisie dispose d’atouts importants pour avancer dans ce domaine. Il a également insisté sur la nécessité de développer les compétences et de mieux adapter la formation professionnelle aux besoins de l’industrie moderne, notamment à travers l’intégration des outils de l’intelligence artificielle.

Thierry Béranger a aussi mis l’accent sur l’amélioration du climat des affaires, la digitalisation de l’administration et la simplification des procédures douanières. Il a rappelé que des coopérations existent déjà dans ce domaine dans le cadre du Pacte pour la Méditerranée, tout en soulignant que l’essentiel des efforts relève de la responsabilité de la Tunisie.

Le quatrième levier concerne l’environnement et la transition vers une industrie plus durable. Pour le responsable européen, le respect des normes environnementales n’est plus une simple option, mais une nécessité économique. Les consommateurs et les donneurs d’ordre exigent désormais le respect de normes internationales et européennes. « Si on veut des clients, on doit devenir vertueux et durables », a-t-il affirmé.

Il a indiqué que le Pacte prévoit des programmes d’accompagnement destinés à faciliter l’adaptation aux normes européennes et la décarbonation de l’industrie. Un dispositif dont l’industrie tunisienne pourrait particulièrement bénéficier, compte tenu de ses liens étroits avec l’industrie européenne et de son orientation vers ce marché.

Évoquant les modalités de mise en œuvre du Pacte, Thierry Béranger a précisé que son approche se voulait « à la carte » : aucune initiative n’est imposée aux pays partenaires, qui peuvent sélectionner les projets correspondant à leurs priorités nationales. Il a également souligné la dimension proactive du dispositif, qui invite les pays à soumettre eux-mêmes des propositions de projets et d’initiatives.

« Je crois vraiment qu’on rentre dans une nouvelle dynamique. On parle beaucoup de l’industrie actuellement. Et je pense qu’il y a déjà des réalisations, mais le futur est vraiment très intéressant », a-t-il conclu, appelant à une démarche commune face aux défis auxquels sont confrontés les partenaires des deux rives de la Méditerranée.

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