AFRICA FASHION : un Continent en mode fusion !

Par Fériel Berraies Guigny
Présidente fondatrice de UNITED FASHION FOR PEACE
partenaire presse du groupe Maghreb Media et Réalités Online 

Expo itinérante lancée et conçue par le Victoria and Albert Museum de Londres, elle a roulé son carrousel extraordinaire pour déposer ses bagages à Paris. L’originalité ? Un dialogue entre les créateurs de mode de la scène contemporaine africaine et les riches collections du musée du quai Branly – Jacques Chirac.

Plusieurs villes internationales lui ont offert le tapis rouge, mais l’exposition itinérante Africa Fashion est à Paris pour une présentation, jusqu’au 26 juillet 2026, au musée du Quai Branly, de la mode africaine contemporaine.

 Une immersion vibrante au cœur de la création africaine

Présentée dans la Galerie Jardin du musée du Quai Branly, le visiteur découvre des pièces contemporaines signées par des créateurs majeurs du continent avec des œuvres issues des collections historiques du musée.

Vêtements, accessoires, bijoux et tissus dialoguent avec des photographies d’archives et des contributions du public, créant un pont et une fusion entre passé et présent. Car les savoir-faire textiles africains sont multiples et s’illustrent au travers de broderies, teintures, tissages.

Des looks inédits où la contemporanéité des influences flirte avec une nouvelle génération de stylistes.

Les capitales africaines de la mode sont bien connues d’UFFP et Femme Africaine (Fériel Berraies Guigny), ayant foulé plusieurs tapis rouges : de Lagos à Dakar, de Johannesburg à Accra.

Vingt ans d’amour et de mode 

Depuis une vingtaine d’années, ces créateurs participent aux fashion weeks qui ont pignon sur rue, aux côtés de Paris, Milan ou Londres.

Longtemps mal évaluées (complexes des marques blanches ou occidentales obligent)… ce beau miroir leur ouvre la porte et une lumière sans pareille. Entre héritages, patrimoines, durabilité et amour de l’identité africaine, nous voyageons dans un monde d’une profonde complexité et richesse.

Car la mode africaine est évolutive, fusionnelle, vivante et a inspiré bien des grands d’Occident !

Lacroix, Chanel, Gaultier etc…

Après Londres, New York, Portland, Chicago, Melbourne et Montréal, l’exposition « Africa Fashion » démontre plus que jamais son impact sur les mentalités des générations à venir.

Le musée de feu Jacques Chirac, le Quai Branly, est bien connu pour son amour des patrimoines du Sud : we recall une des anciennes expos qui nous ont marquée il y a plus de vingt ans, TO MIX OR NOT TO MIX, et oui comment les objets du « colon » ont fini par être réappropriés par les autochtones. Je me rappelle encore du vieux transistor Thompson de l’homme blanc qui a fini par être customisé sous un tricot d’un aborigène d’Australie, oui l’Océanie a eu son mot à dire également.

AFRICA FASHION a sorti des pièces historiques issues de ses archives : vêtements (XIXe – XXe siècles), textiles traditionnels (raphia, kente, broderies, etc.), objets vestimentaires, parures, ainsi qu’une sélection de photographies collectées auprès du public.

Le parcours et miroir d’Africa Fashion, c’est aussi la célébration des « doyens » et grands du continent mais aussi porté par la nouvelle génération. Dans sa version initiale, l’exposition faisait notamment dialoguer des créateurs comme Thebe Magugu ou Kenneth Ize avec des figures fondatrices de la mode africaine moderne : Kofi Ansah (Ghana), Shade Thomas-Fahm (Nigeria), Chris Seydou (Mali) ou Alphadi (Niger).

Alphadi, notre grand frère et ami de toujours, et pour lequel nous avons foulé tant de fois le beau sable du Niger pour aller à la rencontre de son Festival le FIMA !!!

La Mode et l’Art, le mariage du siècle

Africa Fashion présente la mode africaine comme une forme d’art qui se définit elle-même et qui révèle la richesse et la diversité des histoires et des cultures africaines », indique le musée.

Africa Fashion présente la mode africaine comme une forme d’art qui se définit elle-même et qui raconte la richesse et la diversité des histoires et des cultures africaines.

C’est à partir des indépendances africaines que commencera tout un bouillonnement créatif dans le continent.

Pour Christine Checinska, commissaire générale et conservatrice en chef des textiles et de la mode d’Afrique et de la diaspora africaine du Victoria and Albert Museum : « Paris est une étape obligatoire car elle est la quintessence de la mode au niveau planétaire ! »

Ces indépendances africaines, des années 1950 à 1990, c’est aussi tout un vent de liberté qui permet l’ouverture et les métissages, mais surtout une nouvelle passerelle culturelle qui va dévoiler l’émancipation et la fierté d’être africain.

Les pays africains enfin autonomes vont vouloir dynamiser les filières, encourager la créativité et encourager les habitants à porter les tissus produits localement – à valoriser les tenues traditionnelles (un peu comme en Tunisie lors de la journée de la tenue traditionnelle).

À l’époque c’était possible, alors qu’aujourd’hui, cela est moins vrai du fait de la position de la Chine du low cost et du fast fashion ou trashion !

Et comme nous l’expliquait notre ami de toujours Alphadi, doyen de la mode africaine, lors d’un entretien (dixit entretien pour UFFP) : « nous sommes devenus des warriors de la mode ».

« Depuis toujours, la mode africaine peine à se développer par manque de moyens. »

Il y a comme un blocage à ce niveau-là, on préfère investir dans les marques européennes et non les marques africaines, il faut s’exporter, s’européaniser parfois pour espérer vendre !

Mais cela nuit à la créativité et au développement des marques. On reste « niche », on fait des défilés, on nous expose, on nous « copie », oui mais derrière rien ne bouge !

Même les financiers de chez nous espèrent investir dans des marques étrangères. Nos politiques, nos personnalités publiques s’habillent à l’occidental et oublient nos coutumes, nos traditions, toutes les richesses de notre patrimoine.

Pourtant nos valeurs, notre identité immuable et intemporelle, inspirent les plus grands qui, bien souvent, ne sont pas réglos quand il s’agit du copyright ou de nous citer.

C’est un combat au long cours, il faut avoir les reins solides, s’accrocher, se réinventer à chaque fois, à chaque crise. Mais NOUS SOMMES BIEN LÀ !

Crédits photo : Fériel Berraies Guigny et David Thompson pour UNITED FASHION FOR PEACE. All rights reserved.

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