Migration : l’UE nie toute intention de faire de la Tunisie un “garde-frontière”

Lors d’un point de presse organisé ce mercredi 7 mai 2026 à Tunis, à l’occasion de la journée de l’Europe, l’ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie, Giuseppe Perrone, a réagi aux critiques accusant Bruxelles de vouloir faire de la Tunisie un « garde-frontière » avancé de l’Europe.

Interpellé sur ces accusations, le diplomate a rejeté toute logique de pression ou d’imposition. « L’Union européenne ne force pas la Tunisie à faire quoi que ce soit », a-t-il affirmé, estimant que la coopération migratoire repose sur des intérêts convergents entre les deux parties.

Selon lui, la gestion des flux migratoires engagée avec les autorités tunisiennes ne se limite pas au contrôle des frontières. Elle inclut également la lutte contre les réseaux de trafic d’êtres humains, le soutien aux organisations internationales actives en Tunisie dans les domaines des retours volontaires et de la protection des réfugiés, ainsi que l’encouragement de la migration légale.

« Nous pensons que la migration est un phénomène positif en général, mais elle doit se faire dans un cadre légal et selon des règles précises », a-t-il déclaré, défendant une approche qu’il qualifie de « globale ».

Giuseppe Perrone a insisté sur le fait que cette coopération est menée en concertation avec les autorités tunisiennes et ne relève pas d’une logique d’externalisation des frontières européennes. Il a rappelé que la Tunisie poursuit également ses propres objectifs, notamment celui d’éviter de devenir une zone de transit pour les réseaux de passeurs.

« Il s’agit d’un intérêt propre et stratégique de la Tunisie de lutter contre la migration irrégulière », a-t-il souligné, affirmant que les deux parties partagent des priorités communes sur ce dossier sensible.

Le diplomate européen a défendu une vision encadrée de la migration, plaidant pour des flux organisés et légaux, susceptibles selon lui de contribuer au développement économique et social des deux rives de la Méditerranée.

Lire aussi: Tunisie–Union européenne : un partenariat à plus de 1,3 milliard d’euros à travers 88 projets en cours

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