L’Algérie a enregistré un déficit commercial de 269,3 milliards de dinars au premier trimestre 2025, selon les données de l’Office national des statistiques (ONS). Ce résultat contraste fortement avec l’excédent de 114,3 milliards de dinars observé à la même période en 2024. La détérioration est principalement due à une baisse des exportations (-5,8 % en valeur, -4 % en volume) couplée à une hausse des importations (+19,4 % en valeur, +25,2 % en volume). Le taux de couverture, qui mesure la capacité des exportations à financer les importations, s’est effondré à 84,9 %, contre 107,6 % un an plus tôt.
Les exportations ont reculé à 1 517,9 milliards de dinars, contre 1 610,6 milliards en 2024. Cette baisse s’explique par la chute des prix des hydrocarbures (-2,5 %), malgré une légère hausse des prix des produits non pétroliers (+5,8 %). Par ailleurs, les volumes exportés hors hydrocarbures ont chuté de 16 %, aggravant le recul global. À l’inverse, les importations ont bondi à 1 787,2 milliards de dinars, tirées par des achats massifs de boissons et tabacs (+54,1 %), de combustibles minéraux (+47,4 %) et d’huiles végétales (+18 %). Seuls les achats de machines et matériels de transport ont reculé (-19,8 %).
La détérioration de la balance commerciale reflète une dépendance persistante aux hydrocarbures, qui représentent l’essentiel des exportations. Bien que les termes de l’échange se soient légèrement améliorés (+3,1 %), cette progression n’a pas compensé l’écart croissant entre importations et exportations. La hausse des volumes importés (+25,2 %) souligne une demande intérieure soutenue, mais aussi des fragilités dans la production locale. Sans correction structurelle, cette tendance pourrait peser sur les réserves de change et la stabilité macroéconomique à moyen terme.