Dans un communiqué publié ce mardi 11 août 2026, la campagne « Stop Pollution » est revenue sur la visite effectuée la veille par le président de la République, Kaïs Saïed, à Gabès, où il s’est rendu sur le site de Chott Essalem, à proximité de la zone industrielle, pour constater sur place la situation environnementale.
Le communiqué rappelle que cette visite intervient dix mois après le début de mobilisations populaires continues et sept mois après la remise du rapport de la commission mise en place par la présidence pour trouver des solutions à la crise environnementale. Selon la campagne, cette visite était attendue comme l’occasion d’annoncer des décisions concrètes et décisives, en réponse à la revendication populaire exprimée sous le mot d’ordre unifié du « démantèlement des unités ».
Or, pour « Stop Pollution », la visite s’est limitée à un constat des dégâts, doublé d’un arrêt temporaire de l’activité de certaines unités du Groupe chimique tunisien, remises en marche quelques heures plus tard. Le communiqué déplore par ailleurs une déclaration d’intentions générale, sans décisions claires, se bornant à évoquer la non-remise en service des unités jugées « polluantes » au profit de celles ayant fait l’objet de réparations, ainsi qu’un rappel des projets destinés à la jeunesse, initialement évoqués depuis 2013.
La campagne insiste sur plusieurs points :
- La nécessité d’accélérer la décision de démantèlement des unités, avec un calendrier clair et opérationnel, et l’application des décisions déjà prises ;
- Le constat que l’ensemble des unités du Groupe chimique tunisien seraient en infraction avec les normes tunisiennes et internationales, en raison de leur vétusté et de la fin de leur durée de vie utile, plus d’un demi-siècle après leur installation ;
- L’exigence de rendre public le rapport final de la commission chargée du dossier de la pollution, afin de garantir la crédibilité du processus ;
- La poursuite de la mobilisation, dans l’unité des rangs et la clarté de la revendication.
Le communiqué se conclut sur un appel à la population de Gabès à maintenir sa mobilisation jusqu’à l’élimination de toute forme de pollution, affirmant que la ville « a tranché » et poursuivra son action jusqu’au démantèlement complet des unités industrielles incriminées.