Après plus de seize heures de lutte, l’incendie de Rafraf et Ghar El Melh enfin maîtrisé

Au terme de plus de seize heures d’une lutte ininterrompue contre les flammes, les autorités sont parvenues, à l’aube de ce mercredi 22 juillet, à maîtriser le vaste incendie de forêt qui s’était déclaré la veille entre le mont Nadhour, à Rafraf, et la région de Sidi Ali El Mekki, dans la délégation de Ghar El Melh relevant du gouvernorat de Bizerte.

Déclenché mardi en début d’après-midi, le sinistre s’est rapidement propagé sur un relief escarpé, alimenté par les températures élevées, la sécheresse de la végétation et des vents relativement soutenus. Au fil des heures, les flammes ont gagné de nouveaux secteurs du massif forestier, rendant les opérations d’extinction particulièrement complexes.

En soirée, la situation s’était nettement aggravée. Malgré les moyens déjà engagés, plusieurs foyers avaient repris de l’intensité et le feu avait progressé vers Ghar El Melh, suscitant une vive inquiétude parmi les habitants et les nombreux estivants présents sur le littoral. Les importantes colonnes de fumée étaient visibles depuis les plages de Rafraf, Sounine et Aïn Mestir.

Un restaurant détruit par les flammes

Au cours de la nuit, l’incendie a atteint un restaurant situé à Ghar El Melh, entièrement ravagé par les flammes. Des vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux montrent le bâtiment embrasé à l’aube, illustrant l’ampleur prise par le sinistre après plusieurs heures de propagation.

Selon les autorités régionales, une paillote de plage située sur la plage d’El Bonta a également été détruite, tandis que d’autres dégâts matériels ont été enregistrés dans le secteur. Le bilan définitif reste en cours d’évaluation.

Un important dispositif de secours

Face à l’évolution rapide de l’incendie, un important dispositif a été déployé. Les équipes de la Protection civile, les agents des forêts, les unités de la Garde nationale, les forces de sécurité, l’armée ainsi que les différentes structures de la commission régionale de lutte contre les catastrophes naturelles ont été mobilisés, avec le soutien de nombreux habitants venus prêter main-forte aux secours.

Des hélicoptères de la Protection civile et de l’armée de l’air ont effectué des rotations pour larguer de l’eau sur les secteurs les plus difficilement accessibles, où les moyens terrestres ne pouvaient intervenir efficacement.

Le gouverneur de Bizerte, Salem Ben Yaâcoub, s’est rendu sur les lieux dès mardi après-midi afin de suivre les opérations. Il a ordonné l’activation du « plan vert de secours », destiné à coordonner les interventions et à limiter la propagation du feu vers les zones habitées.

Des évacuations préventives

Si aucune victime n’a été enregistrée, les autorités ont procédé à plusieurs évacuations par mesure de précaution. Huit femmes et six nourrissons ont été accueillis durant la nuit au Centre de formation professionnelle de pêche de Ghar El Melh, avant de regagner leurs domiciles mercredi matin.

Des camions de lutte contre les incendies ont également été positionnés à proximité des habitations les plus exposées afin de protéger les riverains et de contenir toute progression des flammes.

Les coupures d’électricité pointées du doigt

Au-delà des conditions météorologiques défavorables, plusieurs habitants ont estimé que les coupures d’électricité survenues dans la région ont compliqué les premières heures de l’intervention. Selon leurs témoignages, ces interruptions ont entraîné des perturbations des réseaux de communication, rendant difficile le signalement rapide de l’incendie aux services de secours et retardant leur mobilisation. Ces difficultés auraient contribué à l’extension du feu avant l’arrivée des premiers moyens d’intervention. À ce stade, ces éléments n’ont toutefois pas fait l’objet d’une confirmation officielle.

Une surveillance maintenue

Bien que l’incendie soit désormais maîtrisé, les autorités ont annoncé le maintien d’une surveillance rapprochée du massif forestier au cours des prochaines heures afin de prévenir toute reprise des foyers, dans un contexte marqué par la persistance de fortes chaleurs et de vents susceptibles de favoriser une nouvelle propagation.

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