La réunion que le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) a eu au courant de la semaine avec les premiers responsables des banques suscite encore les réactions.
Le motif annoncé de cette réunion, selon le communiqué publié sur le site officiel de la BCT était l’incitation des banques à financer l’économie nationale, mais aussi l’importance du rôle des banques dans le financement des entreprises, des PME, de l’investissement productif et des secteurs à fort potentiel de croissance et d’emploi.
Il va de soit que par le terme « économie nationale » on désigne à la fois le secteur public et le secteur privé. Cependant, il ne doit pas s’agir nullement de financer l’Etat afin qu’il puisse subvenir à ses dépenses en matière de gestion (salaires, dépenses quotidiennes, subventions, etc.).
Pour un simple économiste qui se base sur les ABC de cette discipline, ce genre de financement ne constitue pas un investissement, par conséquent il ne produit pas de dividendes qui peuvent bénéficier aussi bien à l’Etat qu’aux Banques.
Indépendamment de ce constat. La politique elle-même de la Banque centrale semble contredire à cet appel au financement des entreprises et de l’économie nationale. Les récentes restrictions imposées aux banques et leur mettant des limites au niveau du financement de l’importation en donne la preuve.
Le circulaire de la banque centrale daté du 30 mars 2026 qui a imposé aux entreprises importatrices de financer elles-mêmes les produits jugés « non prioritaires » et interdisant de facto aux banques de financer ce type d’activités est un exemple frappant.
Ajouté à cela un TMM élevé à hauteur de 7 %, un rétrécissement au niveau de l’octroi du crédit privé dont la croissance se situe entre 2 et 3 %, un durcissement des conditions de crédit à travers les restrictions faites aux crédits à long terme, chose qui touche à plusieurs secteurs vitaux de l’économie, dont le bâtiment, persistance de l’inflation qui se situe selon les chiffres officiels à 5.5%. Tout ça conduit à poser des interrogations sérieuses à propos de la capacité des banques à financer l’économie nationale.
Il semble ainsi qu’il s’agit d’un changement au niveau de la politique financière de BCT. Une tentative peut être de débloquer une situation économique à l’abord de la crise.
Cependant, un minimum de cohérence est exigé dans ce genre de situation. Les banques se trouvent encore sur le coup du circulaire 2026-04, limitant le financement des importations. Exhorter ces dernières à financé les petites et moyennes entreprises ne peux que créer une situation de confusions dans le secteur.
Est-ce qu’on peut s’attendre à une nouvelle circulaire, récapitulant certains points de celui du 30 mars et desserrant les restrictions imposées aux banques. Car dire que les importateurs doivent compter sur leurs fonds propres pour réaliser leurs opérations d’importation signifie entre autres la privation des petites et moyennes entreprises d’avoir accès à cette activité, étant dépendant en grande partie des facilité offertes par l’emprunt bancaire.
Krimi Abderrazek