Budget 2027 : Le ministre de l’Agriculture détaille ses priorités

Beautiful landscape strawberry field and farm

Le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a présenté, lundi 2 novembre 2026, le projet de budget 2027 de sa mission devant la commission de l’agriculture, de la sécurité alimentaire et hydrique et de la pêche, réunie avec la commission des secteurs productifs du Conseil national des régions et des districts. Il était accompagné du secrétaire d’État chargé de l’Eau et de cadres du ministère.

Le ministre a rappelé le poids du secteur : 10 % du PIB, 13 % des exportations et 14 % des emplois directs. Pour 2026, les investissements agricoles ont atteint 1 431,3 millions de dinars (MD), en hausse de 19,5 % sur 2025. La production céréalière avoisine 18,68 millions de quintaux pour la deuxième année consécutive, et la couverture des importations alimentaires par les exportations se maintient à 120 % pour la troisième année. Un premier recensement général de l’agriculture, d’une durée de six à huit mois, démarre en novembre.

L’été a toutefois été marqué par une vague de chaleur : coupures d’eau potable, évaporation de plus d’un million de mètres cubes par jour dans les barrages en juillet, plus de 1 000 incendies dont 20 graves, et recul de l’élevage, notamment des viandes rouges. Un programme exceptionnel de reconstitution du cheptel a été adopté.

Le ministère fait de la souveraineté hydrique sa première priorité : poursuite des barrages, transferts d’eau du nord vers le centre et le sud, et priorité absolue à l’eau potable. La station de dessalement de Sidi Abdelhamid (570 litres par seconde) est entrée en service, et une plateforme électronique de gestion des autorisations du domaine public hydraulique sera lancée.

Pour la sécurité alimentaire, le programme prévoit la numérisation de la filière des grandes cultures, la reconstitution du cheptel national et la vente de moutons de l’Aïd dans des points organisés. Le projet de loi de finances crée une ligne de financement à conditions préférentielles pour les petits oléiculteurs (84 % des producteurs) et un « compte de la filière huile d’olive » pour réguler les saisons d’abondance. Un soutien de 40 MD aux petits éleveurs bovins est prévu sur 2027-2030.

Le ministère vise une croissance de 2,9 % de la valeur ajoutée du secteur et un investissement de 1 536,5 MD (+7 %).

Les crédits d’engagement atteignent 2 990,6 MD (+4 %) et les crédits de paiement 2 530 MD (+5 %). Le programme Eau reste le premier poste avec 860,7 MD, soit 34 % du budget, mais il baisse de 9 %. Le programme de production agricole et de sécurité sanitaire progresse de 29 % (618,2 MD) et celui des forêts de 11 % (420,8 MD). Les dépenses de développement représentent 65,4 % du total. Les cadres du ministère ont néanmoins signalé que les autorisations de recrutement ne couvrent qu’environ 46 % des besoins.

Les élus ont jugé les crédits insuffisants face aux défis du secteur, et le recul du programme Eau d’autant plus problématique que les coupures d’eau se sont multipliées cet été. Ils ont dénoncé les fuites dues à la vétusté des réseaux, réclamé le renouvellement du réseau de la Sonede, l’accélération des barrages et forages dans le Sud, et un meilleur contrôle des groupements de développement agricole, fortement endettés envers la Steg et visés par des soupçons d’irrégularités.

Sur les filières, ils ont signalé des pénuries de semences sélectionnées et d’engrais, demandé la réactivation des offices nationaux pour réguler le marché, l’identification du cheptel et la lutte contre le vol et la contrebande. Ils ont aussi évoqué la précarité des ouvriers forestiers, le recul des surfaces boisées, ainsi que l’engorgement et les retards d’aménagement dans les ports de pêche.

Le ministre a affirmé que les crédits avaient été fixés en coordination avec les autres parties. Il a attribué les perturbations de l’eau à une chaleur exceptionnelle, supérieure de 9 à 15 degrés aux normales, et annoncé un plan intégré pour garantir l’approvisionnement à l’été 2027. Il a indiqué que des importations d’ammonitrate étaient en cours pour la saison céréalière, qu’un stockage de régulation des œufs était prévu avant le ramadan, et reconnu un manque de vétérinaires, avec des recrutements à venir. Pour les soupçons de corruption, il a invité les députés à lui remettre les preuves pour saisir la justice.

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