Une discussion publique s’est tenue le samedi 31 octobre 2026 à Hammamet autour des origines et des circulations musicales. Le thème portait sur les questions « D’où viennent nos musiques et comment les vivons-nous ?
Dans le prolongement de ses résidences artistiques, la Fondation Hasdrubal a invité le public et une brochette de journalistes à une discussion publique consacrée aux origines de nos musiques, à leurs circulations à travers les siècles et à la manière dont elles continuent de façonner nos imaginaires contemporains.
Animée par Aïda Niati, professeure au sein des Instituts Supérieurs de Musique de Sousse et de Tunis, et Luca Dupont-Spirio, professeur agrégé, cette rencontre a invité le public à dépasser les frontières habituellement établies entre les patrimoines musicaux européens et nord-africains.
Le patrimoine musical occidental peut parfois sembler éloigné, associé à ses châteaux, à ses églises ou à des danses dont les usages se sont effacés. À l’inverse, les musiques d’Afrique du Nord demeurent profondément présentes dans la vie quotidienne, les pratiques sociales et la mémoire collective.
Cette distinction ne doit pourtant pas masquer la richesse des circulations qui ont, au fil des siècles, façonné les répertoires et les traditions musicales des deux rives de la Méditerranée.
Derrière les frontières géographiques et les catégories culturelles se dessinent des histoires de rencontres, de transmissions et de transformations. Les musiques européennes possèdent des sources multiples tandis que les traditions musicales orientales ont elles aussi traversé les époques, les territoires et les imaginaires.
À travers cette discussion publique, Aïda Niati et Luca Dupont-Spirio ont proposé un dialogue riche ; à bâtons rompus ils ont exploré les secrets de l’histoire de la musique, les visions du monde, les voyages et les audaces artistiques qui ont contribué à faire naître nos musiques et continuent de les transformer.
La discussion a porté sur la façon de comprendre comment le dialogue permet à chacun de découvrir de nouveaux horizons, de questionner ses propres références et de redécouvrir les liens qui unissent les cultures.
Écouter les musiques de l’autre, c’est aussi apprendre à mieux comprendre sa propre histoire.
Cette rencontre s’inscrit pleinement dans la vocation de la Fondation Hasdrubal : faire de la musique un espace vivant de transmission, de réflexion et de rapprochement entre les peuples.
L’intérêt suscité par ce vaste sujet a rapidement donné lieu à un débat, certes bref, mais suffisamment riche pour mériter d’être poursuivi.
Mais au-delà de la richesse du sujet, c’est surtout l’extraordinaire culture musicale d’Aïda Niati qui a marqué les esprits. Multipliant les références historiques, artistiques et culturelles, elle a dévoilé, avec une remarquable aisance, l’étendue de ses connaissances et la diversité de ses centres d’intérêt.
Cette artiste aux multiples facettes a littéralement émerveillé de nombreux présents par sa capacité à établir des passerelles entre les époques, les civilisations et les expressions musicales. Une érudition qu’elle a su mettre au service d’un échange vivant, accessible et passionnant.