Les échanges de biens entre les États-Unis et l’Afrique ont totalisé 83,44 milliards de dollars en 2025, selon les données du U.S Census Bureau rattaché au ministère américain du Commerce. Ce montant représente moins de 1,5 % du commerce extérieur global des États-Unis, lequel s’est établi à 5.636 milliards de dollars sur la même période. La répartition des flux fait apparaître un certain équilibre : les exportations africaines vers les États-Unis ont atteint 43,02 milliards de dollars, tandis que les importations en provenance des États-Unis se sont élevées à 40,42 milliards de dollars. Par conséquent, la balance commerciale affiche un excédent de 2,60 milliards de dollars en faveur du continent africain. Ce solde positif reste toutefois marginal au regard du déficit commercial record de 1.241 milliards de dollars enregistré par les États-Unis en 2025. L’Afrique ne représente ainsi que 0,21 % de ce déficit.
Une structure d’échanges dominée par les hydrocarbures et les minerais
La faiblesse relative de la part africaine dans le commerce extérieur américain s’explique en grande partie par la composition des exportations du continent. Celles-ci sont essentiellement constituées de matières premières, notamment des hydrocarbures, des minerais et des produits agricoles. Rapportées aux importations totales de biens des États-Unis, qui se sont établies à 3.438 milliards de dollars, les exportations africaines ne pèsent que 1,25 % des achats américains. En ce qui concerne les hydrocarbures, les États-Unis ont importé 89,37 millions de barils de pétrole brut en provenance d’Afrique en 2025. Le Nigeria est le premier fournisseur africain avec 46,62 millions de barils livrés, suivi par la Libye avec 17,76 millions de barils et l’Angola avec 8,89 millions de barils. Par ailleurs, les exportations africaines comprennent également des minerais tels que le cobalt, le phosphate, le platine, le cuivre ou le manganèse, ainsi que des produits agricoles comme le cacao, le café ou les agrumes.
En contrepartie, les pays africains importent des États-Unis des biens à plus forte valeur ajoutée, notamment des machines, des produits agricoles, des produits pharmaceutiques, des avions et pièces aéronautiques, des composants électroniques ou encore des véhicules. Les droits de douane appliqués en 2025, notamment les taxes sectorielles et les surtaxes douanières, ainsi que l’arrêt de l’Agoa, ont perturbé les échanges commerciaux avec certains pays africains, en particulier ceux exportant des véhicules, du textile et de l’acier.
Le classement des principaux partenaires africains des États-Unis
L’Afrique du Sud demeure le premier partenaire commercial des États-Unis sur le continent avec un volume d’échanges de 23,05 milliards de dollars, soit environ 28 % du total des échanges entre les deux régions. Les exportations sud-africaines vers les États-Unis se sont élevées à 16,68 milliards de dollars, générant un excédent commercial de 10,10 milliards de dollars au profit de Pretoria. Ces exportations comprennent essentiellement des minerais, notamment des métaux précieux comme le platine, l’or, l’argent ou le palladium, ainsi que des produits agricoles, des véhicules et des produits chimiques. L’Afrique du Sud a bénéficié jusqu’à présent de l’Agoa qui accorde la franchise de douane à une grande partie de ses exportations vers les États-Unis. D’ailleurs, malgré les tensions politiques entre les deux pays et l’application de surtaxes de 30 % sur certains produits sud-africains, le pays figure parmi la dizaine de pays africains ayant bénéficié de la prolongation d’une année de cet accord commercial.
L’Égypte occupe la deuxième place avec un volume d’échanges de 12,54 milliards de dollars. Contrairement à l’Afrique du Sud, Le Caire affiche un déficit commercial de 6,63 milliards de dollars vis-à-vis des États-Unis. Les exportations égyptiennes comprennent principalement du textile et des vêtements, facilités par l’accord des Zones industrielles qualifiées qui leur accorde un accès en franchise de douane au marché américain, ainsi que des produits pétroliers, chimiques et agricoles. En retour, l’Égypte importe des produits manufacturés, des produits agricoles comme le blé, le maïs ou la viande, ainsi que des machines et équipements de haute technologie.
Le Nigeria complète ce trio de tête avec un volume d’échanges de 12 milliards de dollars, mais accuse un déficit commercial de 1,80 milliard de dollars. Premier producteur de pétrole africain, le Nigeria a livré 46,62 millions de barils de brut aux États-Unis en 2025, soit 52,16 % du pétrole africain importé par l’Amérique, pour une valeur de 3,45 milliards de dollars. Outre le brut, le Nigeria exporte des produits pétroliers raffinés et des fèves de cacao. Il importe en retour des véhicules, du pétrole brut, des produits pétroliers, des machines et des équipements.
Derrière ce trio, le Maroc se positionne avec un volume d’échanges de 7,5 milliards de dollars, dynamisé par l’accord de libre-échange liant les deux pays. Toutefois, les échanges sont largement en faveur des États-Unis, qui dégagent un excédent commercial de 3,65 milliards de dollars. Les exportations marocaines, d’une valeur de 1,96 milliard de dollars, comprennent essentiellement des engrais, des semi-conducteurs, du textile, des produits agricoles et des véhicules. Le royaume importe en contrepartie des carburants, des avions et des équipements de haute technologie.
Les autres partenaires commerciaux des États-Unis en Afrique sont l’Algérie avec 3,60 milliards de dollars d’échanges, la Côte d’Ivoire avec 2,61 milliards de dollars, le Ghana avec 2,54 milliards de dollars, l’Éthiopie avec 2,52 milliards de dollars, la RD Congo avec 2,17 milliards de dollars et la Libye avec 2,13 milliards de dollars.
Par ailleurs, la comparaison avec la Chine met en évidence l’écart significatif entre les deux puissances. Le commerce sino-africain a en effet atteint 348,5 milliards de dollars en 2025, dont 225 milliards de dollars d’exportations chinoises. Les échanges avec Pékin sont ainsi quatre fois supérieurs à ceux avec Washington. Cet écart pourrait se creuser davantage dans les années à venir en raison des politiques commerciales divergentes des deux pays. Alors que les États-Unis maintiennent des barrières tarifaires, la Chine a décidé d’appliquer à partir du 1er mai 2026 des droits de douane nuls sur l’ensemble de ses importations en provenance de 53 pays africains, seul l’Eswatini étant exclu de cette mesure.