CPG : Un plan pour porter la production à près de 10 millions de tonnes d’ici 2035

La Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG) et le Groupe Chimique Tunisien (GCT) ont affirmé, lors d’une audition tenue jeudi 18 juin 2026 devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple, que le secteur fait face à d’importantes difficultés financières et structurelles. Dans ce contexte, la société élabore une stratégie intégrée de développement visant à porter la production de phosphate commercial à 9,4 millions de tonnes à l’horizon 2035, pour un investissement estimé à 2,7 milliards de dinars.

Omar Bouzouada, Président-directeur général de la CPG et du GCT, a indiqué que l’ensemble des parties prenantes, en coordination avec la Présidence du gouvernement, œuvrent à résoudre les problèmes entravant le secteur et à élaborer une vision réformatrice pour le relancer. Il a souligné que la situation financière difficile des deux établissements a limité leur capacité à jouer leur rôle de développement et social aux niveaux régional et local.
Un exposé présenté à cette occasion a révélé que la capacité de production de phosphate atteindra environ 4,5 millions de tonnes en 2026, tandis que les problèmes de transport et le manque de ressources en eau dédiées au lavage du phosphate demeurent parmi les principaux obstacles affectant l’activité de la société.
L’exposé a également énuméré les principales causes de l’échec du programme de réforme, notamment les difficultés financières, la faiblesse des performances du système de transport interne et ferroviaire, l’irrégularité de l’approvisionnement en ammonitrate, le déficit en eau industrielle, ainsi que le faible encadrement et l’inadaptation d’une partie des ressources humaines aux besoins de l’institution.
Pour faire face à ces défis, la société a proposé une série de mesures urgentes, comprenant la mise en place de lignes de financement pour couvrir les besoins de trésorerie, le soutien des ressources propres via l’accélération du rythme des exportations, le rééchelonnement de la dette, la sécurisation du transport du phosphate par camions sur l’axe Redeyef-Gabès/Skhira, la lutte contre les branchements illicites sur les canaux d’eau industrielle, ainsi que le renforcement du transport ferroviaire et la garantie d’un approvisionnement continu en ammonitrate avec la constitution d’un stock de réserve.

Les responsables du Groupe ont affirmé que le programme de restructuration repose essentiellement sur le rééchelonnement des prêts bancaires, le traitement des dettes envers les fournisseurs publics, la réalisation des travaux de maintenance nécessaires, la sécurisation de l’approvisionnement en matières premières, l’amélioration de la disponibilité des unités de production, et l’accélération de la mise en œuvre du projet « Mdhilla 2 ». Ces mesures devraient permettre de rétablir l’équilibre financier, d’accroître le rythme de transformation du phosphate, d’améliorer la capacité de remboursement de la dette et de restaurer la confiance des institutions bancaires.
MBY

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