L’Union africaine a exprimé une protestation officielle concernant la situation à El Fasher. Le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a fait part de sa profonde inquiétude face à l’escalade des violences dans cette ville de l’ouest du Soudan. Cette réaction intervient après que les Forces de soutien rapide ont annoncé avoir pris le contrôle total de la ville dimanche.
Le communiqué condamne les violations des droits humains et du droit international humanitaire. Il mentionne spécifiquement des crimes de guerre et des assassinats de civils en fonction de leur appartenance ethnique, autrement dit le génocide en cours. Le président a rappelé à toutes les parties leurs obligations de protection des civils. Il a également averti que les auteurs de ces actes seraient tenus pour responsables.
El Fasher, capitale de l’État du Darfour du Nord, subissait un siège intensif depuis plusieurs mois. Cette situation a entraîné un lourd bilan humain et une dégradation de la crise humanitaire. Des images satellites de la société Maxar montrent des taches rouge vif autour des maisons, très probablement du sang. Ces éléments indiquent des massacres de civils par la milice des FSR.
Le Soudan a déposé une plainte devant la Cour internationale de justice contre les Émirats arabes unis jeudi 6 mars. Le pays, en guerre depuis bientôt deux ans, accuse les Émirats de complicité de génocide. Le Soudan représente un enjeux stratégique en raison de sa superficie et de ses ressources naturelles, qui incluent des terres agricoles, du gaz et de l’or. Le pays possède également un accès à la mer Rouge, qui est un axe stratégique pour le commerce pétrolier. De plus, le Soudan borde la Libye, où les Émirats sont accusés de soutenir le camp de l’Est contre le gouvernement de l’Ouest reconnu par l’ONU.
72