La commissaire européenne à la Méditerranée Dubravka Šuica a présenté, ce vendredi 17 avril 2026, lors d’une conférence de presse le plan d’action du Pacte pour la Méditerranée, marquant le lancement officiel de sa mise en œuvre. Ce plan, élaboré en concertation avec les partenaires de la région, se veut le fruit d’un processus de « co-création » impliquant États, société civile, jeunesse et acteurs économiques.
Dans son intervention, la commissaire a souligné que ce pacte vise à construire « un espace commun méditerranéen » fondé sur la paix, la prospérité et la stabilité, dans un contexte régional qu’elle a décrit comme marqué par « des pressions croissantes » et « des inquiétudes pour l’avenir ».
Le plan repose sur 21 actions concrètes, structurées autour de trois piliers principaux : les personnes, l’économie et la sécurité.
Investir dans les compétences et la mobilité
Le premier pilier met l’accent sur l’investissement dans l’éducation, la recherche et les compétences. À ce titre, la commissaire a annoncé la création d’une « Université de la Méditerranée », conçue comme une alliance d’institutions réparties sur les différentes rives.
Un financement initial de 11 millions d’euros a déjà été mobilisé pour soutenir des programmes conjoints, des micro-certifications et des échanges académiques, avec pour objectif de rapprocher les systèmes éducatifs et de mieux préparer les étudiants au marché du travail.
Soutien aux entreprises et transition énergétique
Le deuxième pilier concerne le développement économique. Il prévoit un soutien accru aux startups et aux PME, ainsi que des investissements dans les infrastructures numériques et la connectivité régionale, notamment à travers l’extension du système de câbles sous-marins Medusa.
La commissaire a également évoqué des initiatives dans le domaine des énergies renouvelables, dont un programme transméditerranéen dédié, dans un contexte de diversification des sources énergétiques et de transition vers une énergie plus propre.
Coopération sécuritaire et gestion des migrations
Le troisième axe porte sur la sécurité et la résilience. Parmi les mesures annoncées figure la création d’un centre régional de lutte contre les incendies à Chypre, destiné à renforcer les capacités de réponse dans la région.
Le plan prévoit également un renforcement de la coopération judiciaire et policière, notamment pour lutter contre la criminalité organisée. Sur la question migratoire, la commissaire a insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts contre les réseaux de passeurs, tout en développant des voies de migration légale afin de répondre aux besoins du marché du travail.
Un dispositif évolutif et suivi
Au total, plus de 100 initiatives sont prévues dans le cadre du pacte. Le plan d’action sera actualisé régulièrement, avec une révision annoncée deux fois par an.
Une plateforme numérique interactive sera également mise en place afin de permettre aux parties prenantes et aux citoyens de suivre les projets, par pays et par secteur, dans un souci de transparence et d’évaluation de l’impact.
Concluant son intervention, la commissaire a présenté ce plan comme « le début d’un parcours » visant à renforcer la coopération et la résilience dans l’ensemble de la région méditerranéenne.