L’ancien ministre de l’Éducation Mohamed Ali Boughdiri fait son retour aux responsabilités. Le président de la République, Kaïs Saïed, a décidé de le nommer secrétaire général du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement, selon un ordre présidentiel annoncé ce vendredi 14 août 2026.
Cette nomination intervient un peu plus de deux ans après son départ du ministère de l’Éducation, qu’il avait dirigé de janvier 2023 à avril 2024.
Un retour dans le secteur de l’éducation
Outre la nomination de Mohamed Ali Boughdiri, un second ordre présidentiel porte désignation de plusieurs membres de la Haute instance du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement. Il s’agit de Tijani Ghamati, Youssef Ben Othman, Chiraz S’tambouli, Rim Aribi, Kamel El Hneid, Mohamed Habib Alani et Mohamed Seifallah Ben Abderrazak.
Les membres du Conseil sont, par ailleurs, convoqués à tenir leur séance inaugurale lundi 17 août 2026.
La nouvelle fonction confiée à Mohamed Ali Boughdiri le replace ainsi au cœur de l’appareil institutionnel consacré aux questions éducatives, après une période de plus de deux ans passée en dehors du gouvernement.
Né en 1975, Mohamed Ali Boughdiri est titulaire d’un doctorat en chimie. Avant son entrée au gouvernement, il a fait carrière dans le mouvement syndical, notamment au sein de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT).
Il a notamment occupé le poste de secrétaire général de l’Union régionale du travail de Ben Arous et celui de secrétaire général adjoint de l’UGTT chargé du secteur privé. Il a également été membre du bureau exécutif de la centrale syndicale.
Son parcours syndical l’a progressivement conduit vers la politique. Il a notamment compté parmi les membres de l’initiative « Li Intasir Ech-Chaab » (« Pour que le peuple triomphe »), qui avait apporté son soutien au processus politique engagé par Kaïs Saïed après le 25 juillet 2021.
Cette proximité avec le chef de l’État a constitué l’un des éléments marquants de son parcours politique avant son accession au gouvernement.
Le 30 janvier 2023, Kaïs Saïed avait procédé à un remaniement ministériel partiel et nommé Mohamed Ali Boughdiri ministre de l’Éducation, en remplacement de Fethi Sellaouti. Il avait prêté serment le lendemain.
Son passage à la tête du ministère a été marqué par plusieurs épisodes de tension avec les organisations syndicales de l’éducation, notamment autour de la question du versement des notes, des enseignants suppléants et des revendications professionnelles.
En mai 2023, le conflit entre le ministère et les syndicats de l’enseignement avait notamment porté sur le refus de certains enseignants de transmettre les notes des élèves. Mohamed Ali Boughdiri avait défendu la position du ministère, tandis que les structures syndicales avaient dénoncé ce qu’elles considéraient comme des pressions.
Le ministère avait également été confronté à la question de la régularisation des enseignants suppléants et à plusieurs mouvements de protestation dans le secteur éducatif.
Mohamed Ali Boughdiri n’est toutefois resté que quatorze mois environ à la tête du ministère de l’Éducation.
Le 1er avril 2024, Kaïs Saïed a décidé de mettre fin à ses fonctions et de nommer Saloua Abassi pour lui succéder. La décision a été officialisée par l’ordre présidentiel n°176 de 2024, publié au Journal officiel de la République tunisienne.
Le texte officiel mettant fin à ses fonctions ne précise aucun motif. La présidence de la République avait simplement annoncé son remplacement par Saloua Abassi, sans fournir d’explications sur les raisons de cette décision.
Avec sa nomination à la tête du secrétariat général du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement, Mohamed Ali Boughdiri retrouve donc une responsabilité institutionnelle dans un secteur qu’il connaît à la fois comme universitaire, ancien syndicaliste et ancien ministre.