Le cadre législatif du travail en Tunisie se prépare à intégrer les réalités du travail à distance et de l’intelligence artificielle. Intervenant le lundi 19 octobre 2026 sur les ondes d’une radio nationale, Hatem Hlel, président de l’association des inspecteurs du travail, a mis en lumière une lacune de la loi n° 94 relative aux accidents du travail, qui ne couvre pas explicitement les incidents survenant en situation de télétravail. Par ailleurs, il a insisté sur la nécessité de trancher des questions essentielles, comme le maintien des avantages liés à la présence physique, notamment la prime d’assiduité, ou encore la désignation de la partie responsable de la fourniture des équipements professionnels.
Le ministère de tutelle travaille actuellement à l’élaboration d’un texte législatif destiné à encadrer le télétravail. Dans cette perspective, l’association a formulé plusieurs propositions, dont la refonte du code du travail et la consécration d’une égalité de droits entre les salariés à distance et ceux présents sur site. D’autre part, ces recommandations portent sur la garantie d’un environnement numérique sécurisé, la révision du régime d’indemnisation des accidents du travail et des maladies professionnelles, ainsi que le soutien à l’investissement dans les compétences numériques par la formation professionnelle continue. Qui plus est, ces mesures visent à adapter le droit du travail aux mutations numériques en cours.
L’expert a également plaidé pour l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la gestion des ressources humaines, afin d’optimiser le temps consacré aux tâches administratives et de permettre aux responsables de se concentrer sur le dialogue social et la communication interne. En sus, les outils d’intelligence artificielle offrent la possibilité d’analyser les offres d’emploi, de repérer les opportunités, de suivre les taux d’absentéisme et d’appuyer la prise de décision grâce à l’analyse de données. À cela s’ajoute une mise en garde contre les répercussions de l’intelligence artificielle sur l’emploi et le risque de disparition de certains métiers. Face à ce défi, il appartient aux gestionnaires des ressources humaines d’orienter la formation du capital humain vers les nouveaux métiers et d’intensifier les recrutements spécialisés dans les technologies émergentes. Enfin, Hatem Hlel a révélé que le corps des inspecteurs du travail prépare sa propre transformation numérique. Une plateforme électronique est en cours de finalisation afin de dématérialiser les procédures et de moderniser les visites d’inspection, avec une entrée en service prévue pour le début du mois de janvier prochain.
MBY